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Thomas Hawkins, the Revenant
Thomas Hawkins

Dossier du personnage
✘ Métier: Homme de terrain
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Thomas Hawkins
Thomas Hawkins
Loup O'Reily • Admin
Messages : 101
Points RP : 84
Points ☆ : 0,5
Age : 188
Nationalité : Américano-Canadien
Situation : Marié
Thomas Hawkins
Mar 16 Aoû 2016 - 16:17


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Thomas Hawkins





Prénom : Thomas
Nom : Hawkins
Surnom : Le Trappeur ou Tom, pour ceux qui osent
Âge : 185 ans
Race : Loup
Nationalité : Américano-canadien
Orientation : Hétérosexuel et marié !

Groupe : Famille Worth
Métier : Homme de terrain

Crédit de l'avatar : Snow Villiers - Final Fantasy XIII

Quand on est trappeur, on est rarement petit, maigrichon et fragile… Qu’il le tienne de son père ou des longs mois passés à chasser l’ours dans les forêts canadiennes, le corps de Thomas est sculpté pour détruire et survivre aux pires cataclysmes. A l’époque des vieilles toises et des anciennes balances, il a souvent laissé les médecins pantois. Car Thomas Hawkins, c’est un colosse de deux mètres six et de cent dix kilogrammes de muscles exclusivement, un cou de taureau et des mains puissantes. C’est aussi une jolie collection de vieilles cicatrices, qui recouvrent ses bras, ses jambes, son torse et le coin extérieur de son œil droit.

Le teint à peine hâlé, on pourrait le croire d’origine nordique avec ses cheveux blond clair qui lui tombent presque jusqu’aux épaules et ses yeux bleu pâle. Ses traits doux sont souvent renfermés dans une expression absente. Il est bien rare de lire la moindre émotion sur son visage, sa bouche généreuse reste le plus souvent fermée et inexpressive. Ses yeux, en revanche, ne cessent jamais de vagabonder, observant tout dans le détail ou sautant d’une ligne à l’autre, lorsque le grand gaillard est plongé dans un de ses livres.

La grande majorité du temps, Thomas ne prête pas la moindre attention à la manière dont il s’habille. Il est généralement mal rasé et vêtu d’une chemise, régulièrement entrouverte – car souvent un peu trop étroite pour le Loup –  et d’un pantalon sombre enfermé dans des bottes de motard. Il aurait bien gardé ses bottes de trappeur d’autrefois, mais celles-ci ont disparu de la circulation comme beaucoup d’autres choses de son passé. Il enfile très souvent un long manteau beige, seul vêtement réellement ajusté à ses dimensions et dont les grandes poches sont idéales pour y cacher une arme ou un ouvrage. Enfin, le trappeur aime porter un chapeau comme il y a été habitué pendant des décennies, ici un simple bonnet noir.

Il porte autour du cou plusieurs colliers, chacun représentant un souvenir particulier : une médaille offerte par sa mère, un bijou fait par sa fille et le pendentif de son épouse qu’elle a laissé derrière elle lorsqu’ils ont été séparés.


D’aucuns diront qu’il n’y a pas grand-chose à dire de Thomas Hawkins, une fois qu’on a fait le tour de son physique. Il faut dire qu’il est difficile de se faire une opinion de quelqu’un qui n’échange pas. Justement, commençons par cet aspect du caractère de l’homme : il est vrai qu’à moins d’un danger très imminent, un attachement assumé ou un miracle, il est plus que probable qu’il ne vous décoche pas un mot. Pas de panique, ne vous agacez pas pour autant, c’est un état tout ce qu’il y a de plus normal pour le colosse.

Il faut dire qu’à Las Vegas, Thomas a tout pour être malheureux. Outre le fait qu’il est séparé de sa femme et de sa fille depuis des décennies, il est aussi privé du calme et de l’isolement qu’il a toujours recherchés. Il a pris l’habitude de n’être entouré que de silence et d’en faire partie. Les bruits et l’activité incessants de la métropole sont pour lui une torture quotidienne, qu’il endure dans l’espoir de retrouver les siens. Depuis toujours, mais encore plus aujourd’hui, il se plonge dans ses livres dès que l’occasion se présente ; cela lui permet de chasser l’agitation de son esprit. Il a lu énormément et connaît bon nombre de romans et recueils. Bien sûr, il est difficile de s’en rendre compte, puisqu’il n’en parle pas, mais le colosse est par bien des aspects un rêveur invétéré. Il tire souvent des enseignements de ses livres et peut sembler pour beaucoup avoir des valeurs désuètes, presque chevaleresques. Il n’est donc pas exclu que par moments, le Loup oublie sa principale mission pour venir en aide à une demoiselle en détresse, même si cela se fait de plus en plus rare.

Toute cette lecture ne fait pas de Thomas un intellectuel. Il retient ce qu’il lit, parce que cela lui plaît, mais il a plutôt une intelligence pratique. C’est un débrouillard avant tout et pour cela, il avait parfaitement choisi sa voie en devenant trappeur, aussi dangereuse soit-elle. La mort ne l’effraie guère et encore moins depuis sa transformation. Aujourd’hui, ce qui lui fait peur, c’est l’idée de ne pouvoir sauver sa famille, de ne pas être là pour elle. Sa sécurité à lui ne l’inquiète pas plus que ça, si ce n’est qu’elle est nécessaire pour protéger les deux amours de sa vie.

En ce qui concerne les Worth, qu’il a rejoints par nécessité, dans le but d’obtenir une aide extérieure au sauvetage des siens, il ne nourrit aucun sentiment particulier. Il a juré allégeance pour le temps nécessaire aux recherches de sa famille ; pendant cette période, il ne fera rien pour nuire à l’organisation et la servira le mieux possible. Il n’est bien sûr pas exclu qu’en suivant son but ultime, il finisse par les trahir si c’est le prix à payer, mais il n’y a, à vrai dire, jamais pensé. Il ne vit que dans le présent et dans ce présent, les Worth sont une aide précieuse. Quant aux autres familles, il en sait juste assez pour mener ses missions à bien et ne ressent ni haine, ni envie à leur encontre.

Sa nature de Loup ne lui a jamais posé problème à partir du moment où il a compris ce qui lui arrivait. Il était déjà un loup solitaire avant de croiser le chemin de la créature et n’est pas assez ancré dans les opinions conformistes des Hommes pour mépriser les créatures surnaturelles. Elles existent, tout comme les Humains, et il faut l’accepter. Ses nouveaux pouvoirs ne l’ont jamais effrayé – il fait simplement le nécessaire lors des nuits de Pleine Lune pour ne blesser personne – comme il ne s’est jamais laissé enivrer par eux. Ils sont là et il fait avec.


Rose Hawkins
Las Vegas, le 17 Novembre 2013

Mon chéri,

Cela fait maintenant cent trente-huit ans que tu nous manques. Le croirais-tu, aujourd’hui, je me suis décidée à faire les comptes. Et je ne pouvais tellement pas y croire que j’ai refait le calcul trois fois, mais je ne m’étais pas trompée. Je n’aime pas écrire des lettres qui ne seront jamais lues, mais aujourd’hui, vois-tu, tout est différent ; je compte les années, j’écris des lettres… Mais quelle meilleure – ou pire – occasion aurais-je de changer mes habitudes et de faire face à la vérité de nos vies ? Chéri, Holyoke a fait une chose terrible, une chose dont je ne l’aurais jamais cru capable. Il a pactisé avec le Diable, il a vendu nos âmes comme on vend ses œufs au marché. Nous n’avons rien eu à dire, notre opinion n’avait pas la moindre valeur. Il est allé voir les Blackwood et nous a cédés pour je ne sais quelles promesses de grandeur ! Et il est parti vivre ses rêves, pendant que nous servons les Démons, moi et ta fille.

Mais ne soyons pas fatalistes, car après tout, nous savons tous deux que ce n’est pas aujourd’hui que notre existence s’est effondrée. Ceci, c’était il y a déjà cent trente-huit ans.

Je préfère me rappeler l’été 1852, en m’imaginant que comme moi, tu le revis quand mon visage s’efface, quand le temps le recouvre d’années solitaires et malheureuses. A cette époque, nous étions si jeunes. La meute m’avait recueillie depuis une dizaine d’années peut-être, quand tu as fait ton arrivée parmi nous. Je n’avais jamais vu un homme tel que toi. Je n’étais pas bien vieille, je le sais, mais j’ai su, en t’apercevant pour la première fois, que je n’en verrais pas beaucoup de semblables. Tu dépassais les autres hommes si aisément qu’il était difficile de ne pas te repérer au milieu du groupe. Dans notre existence autarcique, tu étais celui sur lequel chacun avait appris à compter : le bois, la nourriture, ta force, tes connaissances… Comme si c’était ton essence même, comme si toute ta vie, tu n’avais fait que ça… Survivre.

Holyoke t’appréciait moins que ta contribution à la meute et je soupçonne qu’il ne t’aurait pas incité à rester parmi nous s’il n’avait pas reniflé ton potentiel. Quant à moi, dès le premier jour, j’ai eu envie d’en savoir plus. Les soirées autour du feu m’aideront à en apprendre davantage, avais-je naïvement songé. Mais les nuits se succédaient et les flammes rongeaient les bûches sans que jamais nous n’en apprissions plus sur toi. Beaucoup te pensaient muet ou retardé malgré ton habileté à vivre en nature – un savoir tout ce qu’il y a de plus animal, en fin de compte, disait Philip, mon promis d’alors – et pendant trop longtemps, je me contentai de cette explication, déçue en quelque sorte.

J’ai honte d’avouer maintenant que j’en serais sûrement restée là, si le hasard ne m’avait pas conduite à t’approcher de plus près. Hasard que j’ai peut-être un peu provoqué, je l’admets, ma curiosité étant sans limite. Je te parlais beaucoup et ne pouvais lire sur ton visage le moindre signe, ni de plaisir, ni de lassitude, inconsciente des effets de mes paroles, comme si tu ne les entendais pas. Ce n’est que lorsque je citai – dans un élan de morgue, je l’admets – un passage de la Bible que je compris que les autres se trompaient depuis le début. Ce n’est pas tellement le léger sourire qui étira tes lèvres à ce moment que la façon dont, presque dans un murmure comme pour ne pas interrompre mes élucubrations, tu me corrigeas un mot que j’avais pris pour un autre. C’est alors que je compris qu’un homme capable de connaître au mot près le très Saint Livre ne pouvait pas être simplement retardé, et tu n’étais assurément pas muet.

De là, je sus redoubler d’efforts pour obtenir de toi ce que je voulais savoir. Te connaissant sous le nom de Tom, j’avais appris que ton vrai nom était Thomas Hawkins. Que ton père avait choisi ce prénom en hommage au Président Jefferson dont il était très admiratif. Ces mots sont les miens, car bien souvent, je les choisissais et tu acquiesçais ou non, mais c’était ainsi que devaient fonctionner nos conversations et je l’acceptais. Ton père était trappeur pour la grande American Fur Company et écumait le Canada. Il était un chasseur hors pair et connaissait bien la nature et ses pièges, tout comme toi. Fier américain et patriote, il avait épousé une orpheline, élevée par les bonnes sœurs, profondément religieuse et éduquée. C’est d’elle que tu tiens cette connaissance approfondie de la Bible et j’aurais aimé que mes parents m’inculquent des valeurs, des connaissances ou des passions comme les tiens l’avaient fait. Ton amour des livres vient d’elle, n’est-ce pas ?

Je n’avais pu m’empêcher de ressentir une coupable jalousie, lorsque pour la première fois et à ma demande, tu avais aligné plus de dix mots pour me parler de tes parents. Petit, tu ne pouvais guère suivre ton père dans ses voyages et restais avec ta mère, qui t’apprit à lire et à écrire sur des passages de la Bible. Tu étais un enfant timide, renfermé et pour t’aider à trouver tes mots, ta mère avait décidé de te faire lire maintes histoires. D’abord, tous les livres de sa bibliothèque y étaient passés, mais il y en avait peu, car les Hawkins n’étaient pas riches et les ouvrages ne couraient pas les rues dans les contrées du Nord. Elle arrivait parfois à s’en procurer néanmoins, souvent à l’approche de Noël, si bien que tu eus toujours un nouveau roman comme cadeau.

Ton père n’était pas une brute ; il aimait ta mère et ne pensait pas, comme beaucoup d’hommes, que faire lire un jeune garçon ne lui forgeait pas le caractère. Parfois, il ramenait lui-même des livres de ses voyages. C’est toi qui, à tes treize ans, demanda à l’accompagner pour la première fois. C’est à partir de là que tu appris la survie, la chasse… Tu avouas même quelques meurtres d’Indiens, à une époque où les laisser vagabonder relevait plus du crime que de les scalper.
Je trouvais que cette vie, même perdue, était merveilleuse. Les récits de chasse, tes combats contre des ours, les longues marches jusqu’aux comptoirs de fourrures emplissaient mon sommeil et je ne pouvais attendre le lendemain d’en apprendre plus. Je n’aurais jamais imaginé que des aventures si flamboyantes puissent être ternies par une tragédie quelconque. Victime de fausses couches répétées, qui t’avaient privé de la venue d’un frère ou d’une sœur, ta pauvre mère – paix à son âme – avait finalement succombé à la suite de l’unique accouchement qu’elle avait réussi à mener à terme. Le bébé, quant à lui, était mort après quelques jours. Lorsque je repense à cette histoire, mon chéri, je ne peux m’empêcher de penser à notre enfant et à la chance que nous avons eue, toi et moi, même temporaire.

Sans le connaître, j’avais de la peine pour ton père, mais s’étant reconverti en homme d’affaire, il semblait accepter son veuvage. De ce que je crus comprendre, bien que cette partie fût trouble à mon sens, il te proposa une association que tu refusas… Je ne sus jamais s’il y avait quelque désaccord entre vous ou si, simplement amoureux des grands espaces et ennuyé par la comptabilité, tu n’avais pas préféré continuer de jouer au trappeur encore quelques années. Malheureusement, avec les ventes de peaux de castor s’épuisant, comme les castors eux-mêmes d’ailleurs, il fallut bien trouver un autre filon.
Je connaissais déjà ces rumeurs de trappeurs se tournant vers le bison ou d’autres vers l’ours, et d’autres encore vers le loup. Je trouvais tellement impressionnant que tu aies chassé les trois, même si cela suffisait à peine à te nourrir. Il faut croire que tu es plus un rêveur qu’un businessman, mais n’est-ce pas ce que nous aimons chez toi, Kate et moi ? Et n’est-ce pas grâce à cela que nous nous sommes rencontrés ? Ne jouais-tu pas les guides pour quelques explorateurs lorsqu’une nuit, vous croisâtes le chemin d’une bête étrange, gigantesque et assoiffée de sang ? Tu ne m’as jamais raconté ce qui s’était passé, mais c’est le résultat qui compte : cette nuit-là, tu es devenu l’un des nôtres.

Comme tu as dû te sentir seul les années suivantes, à errer sur les terres sauvages, les parcourant du Nord au Sud jusqu’aux immenses contrées de l’Ouest. Comment as-tu fait le lien entre ta nouvelle nature et la pleine lune ? Que ressentais-tu lorsque tu te réveillais au matin couvert de sang et sans le moindre souvenir ? Tout cela, tu ne le partageas jamais et je le respecte. Nous avons tous besoin de notre jardin secret. Et tu n’as jamais été prêt à abandonner le tien, même après être tombé sur la meute dans les montagnes de la Sierra Nevada.

Au fil des mois passés ensemble, j’appris à aimer cet homme grand et fort, aux muscles saillants, au visage fermé et au silence imperturbable. Je te trouvais mystérieux malgré nos progrès, impressionnant et doux à ta manière. Je savais que les autres ne comprenaient rien à ce qui nous liait, mais ils ne savaient pas tout ce que je savais. Et bientôt, je devins la seule avec qui tu passais tes jours et tes nuits et très vite, je ne pus guère passer de temps avec d’autres non plus. Pour la première fois, je sentis qu’une seule personne comptait, que je pouvais tout abandonner sauf toi et je sais que tu le ressentais aussi, bien longtemps avant de l’avouer. Nous nous étions trouvés et la meute ne pouvait le concevoir aussi aisément que nous. Je pense qu’ils t’en voulaient de m’avoir volée à leur giron ; je pense qu’ils t’en veulent toujours, mon amour. Je pense que Philip n’oubliera jamais que je l’ai repoussé, pour toi.

Ton bonheur étant mon bonheur, j’étais prête à tout pour que nous puissions vivre tous les deux en paix. Et puisque ton bonheur passait par ton indépendance et ton besoin de solitude, j’acceptai d’abandonner le groupe pour te suivre. Ce ne fut même pas si douloureux que je me l’imaginais. Nous nous étions éloignés, moi et Holyoke, ainsi que tous les autres, sans même parler de Philip. S’ils ne pouvaient pas comprendre mes sentiments, alors nous n’étions peut-être pas aussi proches que je le pensais. Et ils ne nous retinrent pas autant que je l’avais espéré. Ils étaient soulagés de te voir partir, comme tu représentais de plus en plus une menace pour la place d’Alpha. Bien sûr, en tournant le dos aux miens, j’avais la peur au ventre, l’inconnu devant moi, mais je t’avais, toi.

Dix ans plus tard, je ne regrettais rien de ma décision. De notre union, était née Kate – et je fus ravie de la nommer en hommage à ta mère, Catherine, sois en certain – et elle fut le plus cadeau que tu m’offris jamais. Vivre isolés, dans cette petite maison de bois à l’orée de la forêt, était comme vivre au jardin d’Eden avant la Chute. Nous n’avions de comptes à rendre à personne et tu subvenais à nos besoins.

Oserais-je t’avouer qu’à la naissance de Kate, je craignais ta réaction, mon chéri ? Tu étais si… toi. Je ne savais pas quel père tu serais. La vérité est que tu as été merveilleux, aimant et attentif pour ta petite fille. Je suis sûre que tu le serais toujours si le destin ne nous avait pas séparés si brutalement. A l’époque, tu gagnais de l’argent en chassant et en dépeçant diverses proies, mais nous n’avions pas besoin de beaucoup, grâce à tes talents de trappeur. Je me souviens avec émotion comment chaque année, tu partais rejoindre la ville la plus proche et ramenais toujours à tes deux femmes un cadeau chacune. Kate attendait cette période avec impatience, elle savait que tu ne manquais jamais à ton devoir. Bien sûr, tu t’achetais aussi pour toi-même un livre à ajouter à la petite bibliothèque… Nous étions si heureux tous les trois ! La seule ombre au tableau était ma crainte du moment où Kate grandirait et voudrait voler de ses propres ailes.

Nous étions alors suffisamment loin de la ville pour éviter les contacts avec les humains lors des nuits de pleine lune. Précautionneux, tu prenais néanmoins encore la peine de t’isoler en forêt, tandis que Kate et moi restions parfois à la maison. Comment aurais-je pu imaginer ce qui allait se produire ? Ces marchands à la petite semaine venant en plein milieu de la nuit… A nous deux, Kate et moi, nous n’en fîmes qu’une bouchée. Je m’en voulais tellement ; Kate, elle, était terrifiée de ce qu’elle avait fait… Mais ce n’était même pas le pire. Le pire vint quelques nuits plus tard. Les chasseurs. Si tu savais comme cette vision de toi attirant ces monstres dans la forêt pour nous protéger hante mes nuits… Si tu savais comme ce souvenir me tord de douleur… Alors, peut-être ne ferais-tu pas ce sacrifice. Peut-être me laisserais-tu la chance de mourir plutôt que d’endurer cette souffrance de te voir disparaître, peut-être à jamais.

Le lendemain de notre fuite, nous sommes revenues à la maison, tu sais. Elle était vide, il n’y avait que des cadavres, mais pas le tien, et du sang… Comment savoir à qui il appartenait ? J’ai espéré, si fort et si longtemps ! Nous avons attendu, en espérant te voir apparaître à l’orée des arbres, mais tu n’es jamais revenu. Je redoutais le pire, Kate s’y refusait. Mais qu’aurions-nous dû faire, après plus d’un mois à t’attendre ? Nous ne pouvions pas survivre seules. C’est ainsi que je pris la décision de retrouver la meute, pour qu’elle nous vienne en aide. J’ai peur de découvrir un jour que la lettre que je t’ai laissée sur la table n’a jamais été ouverte, le collier jamais porté. J’ai peur d’apprendre ce qui t’est arrivé, mon amour.

Je sais que tu ne liras jamais cette lettre, pour la bonne raison que sitôt achevée, je la parcourrai une dernière fois avant de la détruire. Ces mots sont pour moi, pour me rappeler. Mon âme ne m’appartient plus et j’ai peur que mes souvenirs sombrent avec elle. Peut-être la ferai-je lire à Kate, peut-être pas… Et après tout, je peux bien l’abandonner quelque part dans l’espoir qu’elle tombera un jour entre tes mains. Peut-être que ces souvenirs te feraient chaud au cœur, à toi aussi.

Nous avons retrouvé la meute après quelques semaines d’errance. Cette dernière nous a accueillies avec gentillesse et la vie a repris son cours. Tu n’as jamais cessé de manquer énormément à Kate et moi, je ne mentirai pas en disant que je souffre chaque seconde de ton absence. Mais je dois dire, et j’en suis désolée, chéri, si tu lis cette lettre, que nous avons plus de raisons de te croire mort que vivant, car les années passent et il n’y a toujours aucun signe de toi. La meute se déplace sans cesse, mais tu devrais être capable de la suivre, comme Kate et moi l’avons fait…



La bille du stylo noir glissa brutalement le long du papier, lui affligeant une cicatrice immonde à travers l’élégante écriture. Rose se retourna en retenant son souffle.

« Oh, c’est toi, Philip… » Dans sa voix, il n’y avait ni surprise, ni colère, ni le moindre plaisir. Ce n’était rien d’autre qu’une lasse constatation. Et cela n’échappa pas au Loup qui venait d’entrer.

« Qui veux-tu que ce soit ? », répondit-il, de sa voix froide.

« J’ai une fille, je te rappelle », répliqua-t-elle d’un ton calme, avant de froisser les feuilles recouvertes de caractères soignés et de les jeter dans la corbeille à papier, malgré sa résolution de leur laisser une chance d’atteindre Thomas.

Elle se leva, non sans jeter un regard étrange à Philip, teinté d’une défiance palpable. Sans un mot, elle quitta la pièce, tandis que le Loup s’assurait de son départ avant de se tourner vers la corbeille. S’agenouillant, il en sortit les feuillets, les dépliant d’un geste brusque.
Encore une lettre à ce bâtard… Qu’est-ce qu’elles avaient donc avec ça ? La gamine faisait la même chose… Il serait temps qu’elles se rendent à l’évidence : avec tous les efforts qu’il avait fait pour s’en assurer, l’attardé ne retrouverait jamais la meute. Philip et Holyoke – avant son départ – s’étaient appliqués à couvrir les traces du groupe, au cas où le trappeur serait encore vivant. Aucune chance qu’il ne vienne les menacer ou qu’il lui vole Rose à nouveau. D’un geste rageur, clairement destiné à une personne absente – et ce, depuis plus d’un siècle – il déchira la lettre et laissa les morceaux retomber dans la petite poubelle.




A plusieurs kilomètres de là, un homme lisait Le vieil homme et la mer pour la quatrième fois de sa vie. Le bar était silencieux, car peu fréquenté, et c’était justement ce qui attirait le colosse.
Ce vieil homme sur son bateau lui rappelait parfois sa propre existence.

Pendant toutes ces années, il n’avait fait que survivre. Après son combat contre les chasseurs et sa chute dans la rivière, il avait réussi à se hisser sur une rive, où il était resté inconscient pendant des jours. Ses blessures étaient si graves que malgré la régénération, il n’avait pas pu bouger pendant plus d’un mois. Recueilli par des marginaux vivant non loin, en paix avec les quelques Indiens survivants – quelle ironie – il avait dû attendre tout ce temps avant de pouvoir voyager. Il lui avait ensuite fallu deux jours pour rejoindre la maison. Rose et Kate étaient déjà parties, mais il avait trouvé la lettre que sa femme lui avait laissée, ainsi que le pendentif, et s’était mis immédiatement en quête de la meute. Seulement et pour des raisons obscures, elle ne fut pas si facile à trouver.

Il fut cependant proche de la rejoindre à une occasion. Occasion perdue, puisqu’alors qu’il se rapprochait d’un des points de chute de cette dernière, les meurtres des marchands et des chasseurs avaient fait le tour du comté et on commençait à afficher son visage dans les villes pour alerter les citoyens et offrir une récompense pour sa capture. Il fut alors forcé de se cacher et ses recherches pour retrouver Rose et Kate en souffrirent énormément.

Au fil des années, les affiches furent décimées par la pluie et le vent et tout le monde oublia le massacre chez les Hawkins. Libre de ses mouvements, Thomas pouvait enfin se lancer à la poursuite de sa femme et de sa fille, mais les Loups avaient disparu dans l’immensité des plaines américaines. Ce fut comme chercher une aiguille dans une botte de foin et ce n’est qu’en croisant par hasard la route d’une autre meute qui fuyait Las Vegas que le trappeur retrouva la trace des siens. Il arriva alors dans le Nevada, bien décidé à récupérer sa famille, mais sans savoir comment, ni même où elle se trouvait exactement.

Comble de malchance, c’est à ce moment que la Guerre des Familles – sans qu’il sache ce qu’il en était – éclata. Il participa de loin aux affrontements qu’il savait surnaturels, ressentant aisément des dizaines de créatures se combattant. Il espérait repérer un membre de la meute, mais n’en aperçut aucun. En revanche, ce à quoi il assista s’avéra par la suite bien plus important : le meurtre d’Erik Worth, par Zero Akaï. Ne connaissant ni le premier, ni le second, il ne s’en formalisa pas, ne voyant là qu’une rixe tournant mal entre deux monstres. Ce n’est que lorsque Zero vint le trouver – il ne sait comment – pour le tuer, très probablement, qu’il comprit qu’il avait là de quoi passer un marché. Il n’avait aucune haine, ni aucune loyauté particulière envers le Polymorphe ; il savait simplement que sans aide extérieure, il pourrait retourner toute la ville sans trouver trace de sa famille. Alors pour la première fois depuis bien longtemps, il ouvrit la bouche et proposa l’alliance suivante : son silence et ses services contre l’aide nécessaire dans le sauvetage de Rose et Kate. C’est parce qu’il n’y avait rien qu’il ne veuille pas tenter pour retrouver les deux étoiles de ses nuits qu’il devint un Worth, prêt à servir.


Pseudo : Seira, Sei, Xaphan, Xaphounet (eh oui, surprise ! o/)
Âge : 22 ans

Comment avez-vous connu le forum : C'est le mien à moi >< Bon ok, je le partage...
Votre avis : L'est presque parfait /PAF/
Votre fréquence sur le forum : 7 pour se co, 5 ou 6 pour rp
Un ajout : Cali aurait pas grossi ?

Mot de passe : Validé par moi-même, parce que F*ck

© A-Lice | Never-Utopia
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Zero Akaï

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Zero Akaï
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Nationalité : Japonaise
Situation : Célibataire
Zero Akaï
Mar 16 Aoû 2016 - 18:12
Bonjour et Bienvenue sur Nevada's Godfather !

Tu as eu une bonne intuition en venant dans la grande famille qu'est les Worth ! :D En tout cas, n'hésite pas à nous poser des questions si tu en as :lala:
Au plaisir de RP avec toi !


Thomas Hawkins, the Revenant Signat10
Cadeaux ~:
 
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Calista Johansen

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Calista Johansen
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Calista Johansen
Mar 16 Aoû 2016 - 18:41
Bienvenue sur Nevada's Godfathers Thomas !

Bon choix de personnage ! Bon courage pour le reste de ta fiche et n'hésite pas à contacter un membre du staff si tu as des questions ♥


Thomas Hawkins, the Revenant Calisign4

Thomas Hawkins, the Revenant Cali

Mes cadows ♥:
 
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Mar 16 Aoû 2016 - 19:15
Je te souhaite à nouveau la bienvenue Thomas =)
En espérant que tu te plaises ici.
Je bave déjà sur ton avatar ! Très bon choix !
Hâte de lire ton histoire ^^

-encore dommage pour les O'Reily, je suis trop dégoûtée quand même-

A bientôt inrp!
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Thomas Hawkins

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Loup O'Reily • Admin
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Thomas Hawkins
Mar 16 Aoû 2016 - 19:19
Merci à tous les trois !

Et Maria, tu peux, c'est finiiiiiii o/



Thomas Hawkins, the Revenant Thomas

Thomas Hawkins, the Revenant Thomas
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Le Maître du Jeu

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Le Maître du Jeu
Mar 16 Aoû 2016 - 19:51

Etape de Validation

Bonjour et bienvenue à Las Vegas, Thomas !

Il n'y a pas grand chose à redire sur ta présentation, c'est avec joie que je te valide. Je t'évite tout le blabla puisque tu connais déjà le forum comme ta poche. Tu peux donc continuer ton aventure à Vegas, en espérant que tu retrouves rapidement ta famille ♥️

Sur ce, bon séjour à Vegas !





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