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John Cross - fiche terminée
John Cross

Dossier du personnage
✘ Métier: Inspecteur de police / chasseur
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
John Cross
Humain Chasseur
Messages : 79
Points RP : 57
Points ☆ : 12.5
Age : 32
Nationalité : Américaine
Situation : Célibataire
Lun 14 Jan 2019 - 13:29
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John Cross





Prénom : John
Nom : Cross
Âge : 31 ans
Race : Humain
Nationalité : Américain
Orientation : Hétérosexuelle

Groupe : Chasseur
Métier : Inspecteur de Police

Crédit de l'avatar : Nobuchika Ginoza // Psycho Pass

Arme : Pistolet Glock 22, matraque télescopique, poignard en argent. Autres armes selon la situation allant du fusil AR-15 au revolver.

Consultez la déposition de madame Roswell en bas de page pour plus de renseignements.

Bilan d'évaluation par le Dr Christopher Bow, psychologue consultant du LVPD, 14 janvier 2019

Après examen, il apparaît que l'Inspecteur Cross présente plusieurs symptômes inquiétants, évocateurs d'un syndrome de stress post traumatique: troubles du sommeil, hyper-vigilance et détachement émotionnel.

N'ayant pas pu consulter son dossier militaire il m'est impossible de savoir si ces troubles sont la conséquence de son passage dans les Rangers ou dans la Police; toutefois ils s'inscrivent manifestement dans la durée, ne proviennent pas des événements ayant amené ce bilan d'évaluation.

Ses capacités sociales sont satisfaisantes, il a un contact cordial et facile avec autrui, mais toujours superficiel. Le patient ne s'ouvre jamais vraiment, conservant une distance par rapport aux autres.

Intelligence au dessus de la moyenne. À priori, aucune tendance suicidaire, se déclare catholique pratiquant. Pas de consommation d'alcool, dit parfois prendre des anxiolytiques pour traiter ses troubles du sommeil. Fumeur occasionnel.

Aucun entourage familial et amical, ce qui me laisse penser que prolonger son congé forcé serait plutôt de nature à aggraver son état qu'à l'améliorer. Il s'est montré très soucieux de reprendre rapidement le travail.
Le patient n'étant en ville que depuis quelques mois, il est difficile de savoir si son isolement en dehors de sa vie professionnelle est un choix délibéré.

J'approuve son retour au service actif mais préconise des séances de suivi régulières.

Enfance et Adolescence

Une sonnerie de téléphone, c'est tout ce qu'il faut au monde pour s'effondrer.

Né dans une famille plutôt favorisée de New-York, John Cross n'avait jamais eu de raison d'avoir peur de l'avenir avant cette soirée de février 1996. Il vivait dans un quartier tranquille de banlieue avec deux parents aimants, il avait des copains de son âge et tout ce dont un petit garçon de huit ans peut rêver.

Bien sûr il n'en avait pas conscience. Si on l'avait interrogé, il aurait sans doute regretté de ne pas avoir un jardin plus grand pour pouvoir y construire une cabane perché dans un arbre comme le héros de son livre préféré, ou réclamé une plus grande chambre.

Il commençait juste à s'endormir quand le téléphone avait sonné. C'était sa baby-sitter qui avait décroché; son monde n'y avait pas survécu.

John avait passé les jours suivants dans une espèce de brume, incapable de comprendre ce qui se passait. Les mots refusaient de prendre leur sens: ''accident de la route'', ''décès''...
Même une fois à l'orphelinat, il avait passé des jours à attendre à la fenêtre, persuadé de voir ses parents apparaître sur le perron. Il ne pouvait pas d'admettre que les cercueils qu'il avait vu disparaître sous une dalle de pierre était tout ce qui restait de sa famille.

Hélas même un enfant doit finir par accepter la réalité. Le monde ne s'arrête jamais de tourner, même quand vous aimeriez qu'il le fasse. La maison où il avait toujours vécu fut rapidement vendue, et l'ensemble des biens de ses parents furent placés sur un compte en banque pour y dormir jusqu'à sa majorité.

Vu son âge il avait très peu de chance d'être adopté, et les services sociaux le placèrent dans un orphelinat catholique de Brooklyn. C'était un gamin intelligent, mais renfermé et solitaire.
Il s'habitua peu à peu à sa nouvelle vie, sa nouvelle école et aux messes dominicales.
Les choses allèrent même assez bien jusqu'à son entrée au collège, où son caractère taciturne en fit la cible favorite d'un petit groupe de garçons de sa classe. Bousculades et insultes se firent rapidement quotidiennes...

Et puis un jour, l'un d'eux lui asséna une claque. Sèche, humiliante, même pas destinée à lui faire mal.

John sauta à la gorge du responsable avec un cri de rage et le jeta sol, parvenant à lui asséner quelques coups malhabiles avant que ses copains n'interviennent. Le tout se solda par une sévère raclée pour le garçon, mais il y gagna une certaine tranquillité, et une leçon: les gens violents ne font pas de bonnes victimes.

Rapidement, il apprit aussi que la colère qui avait explosée ce jour là ne le quitterait plus.
Il respectait trop l'ordre et l'autorité pour s'en prendre aux adultes, mais son agressivité envers ses camarades ne tarda pas à inquiéter les religieuses de l'orphelinat et ses professeurs, particulièrement le père David, qui dirigeait l'établissement. La solution qu'il proposa étonna ses collègues; il inscrivit John à un cours de boxe. Étonnamment, cela porta ses fruits. Ce sport lui enseigna à mieux maîtriser la colère qui l'habitait, et ils se fit même quelques amis, souvent plus âgés.

John ne savait pas vraiment ce qu'il allait faire de sa vie, jusqu'à ce qu'arrive le 11 septembre 2001. New-York avait été frappée en plein cœur, et c'est tout le pays qui semblait avoir reçu une énorme claque. La nation allait réagir exactement comme lui des années plus tôt; sauter à la gorge du responsable.
Comme des milliers d'autres jeunes américains, l'adolescent décida de s'engager dans l'armée. Hélas il n'avait que treize ans, et de longues années le séparaient encore de l'âge légal d'enrôlement.

Le père David n'appréciait ni ce projet, ni la ferveur vengeresse qui avait contaminé une bonne partie du pays. Mais ses prudents sermons n'étaient qu'une goutte d'eau face au torrent qui déferlait. Les opposants à la guerre contre le terrorisme étaient minoritaires et leurs arguments n'étaient même pas écoutés.

Ses notes et l'argent hérité de ses parents auraient permis à John de poursuivre des études, mais le prêtre ne parvint pas le faire changer d'avis; il s'engagea le jour de ses dix-huit ans, au grand dam de celui qui était presque devenu un père pour lui.

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La guerre

L'entrée dans l'armée fut comme une renaissance pour John. D'abord parce qu'il s'y préparait depuis de nombreuses années, mais surtout parce qu'il s'y découvrit une nouvelle famille.

L'entraînement était éprouvant, soudant les recrues, ces jeunes venaient de partout, avec des parcours et des motivations radicalement différents. Ça allait du fils de fermier patriote au gamin du Bronx fuyant la violence des gangs, en passant par les lycéens fauchés attirés par la bourse d'étude promise par l'armée...
Tous ensemble pourtant, ils formaient un seul corps. Une putain d'unité de combat des putains de Rangers de la putain d'armée des États-Unis d'Amérique comme aurait dit le putain de sergent instructeur.

John n'avait jamais été un gars très populaire, mais ses nouveaux camarades le traitaient comme un frère; il était bien noté et se sentait à sa place pour la première fois de sa vie. Draguer devenait aussi nettement plus facile; lui qui n'avait eu qu'une seule copine durant quelques semaines de toute son adolescence découvrit les relations sans lendemain.

En avril 2007 les soldats de l'unité avaient fêté la nouvelle de leur départ pour l'Irak tous ensemble, en même temps que l'anniversaire et le galon de caporal de John. Ils allaient finir le job, et exterminer Al Quaïda une bonne fois pour toute.
Le jeune homme était confiant, tout comme ses camarades. Bien sûr des rumeurs inquiétantes filtraient jusque dans les rangs des militaires, mais il avait passé des années à résister aux arguments pacifistes du père David. Le président et les journalistes l'avaient assez martelé: l'Amérique menait une guerre juste et elle la gagnait.

Malheureusement, personne ne semblait en avoir informé les Irakiens.

Les recrues s'étaient entraînées au combat avec tous les moyens que pouvait offrir la meilleure armée du monde, mais rien ne pouvait les préparer à cette guerre là. L'ennemi était partout et nulle part, toujours invisible et pourtant mortel. Les engins explosifs improvisés et les tireurs isolés étaient une menace constante, impossible à anticiper ou à affronter. L'attente usait les nerfs, au point que les soldats en venaient à espérer le moment où le combat éclaterait enfin.

John ne pria jamais avec autant de ferveur que là-bas. ''Y a pas d'athée sous une pluie de bombe'' lâchait avec ironie leur aumônier.

Un mois s'écoula avant que l'unité perde son premier soldat, Kyle Reese. Son Humvee avait sauté sur une bombe artisanale enterrée tout près du camp de base. Les deux gars à l’arrière rentrèrent au pays en morceaux, grièvement blessés; en revanche le passager s'en sortit presque indemne, désorienté et tremblant.

Le soir même, John écrivit au père David, cherchant un sens à ce miracle. Mais il ne reçut jamais de réponse; le prêtre était mort dans son lit quelques mois après qu'il se soit engagé. Il ne l'apprit qu'une fois rentré en Amérique, des semaines plus tard.

Cela conforta sa décision de ne pas signer un nouveau contrat malgré l'instance de ses chefs, qui voulaient le nommer sergent. Il avait assez donné à cette guerre, et elle lui avait assez prit.

Bush avait mentit au monde entier, avant de vendre ce conflit aux américains; et John comme des millions d'autres était trop heureux de l'acheter. Il croyait encore aux soldats qui l'avaient faite, mais plus à ceux qui l'avait ordonnée.

Finalement, les sermons du père David sonnaient comme d'implacables prédictions. Les recruteurs qui arpentaient les lycées en promettant bourses d'études, sécurité sociale et prime d'engagement à ceux qui signeraient avaient de plus en plus de peine à remplir leurs quotas. Les opposants à la guerre, de plus en plus nombreux, manifestaient à Washington alors que la guerre s'enlisait sans issue visible. La crise de l'immobilier menaçait des millions de familles, et Obama remplacerait bientôt Bush dans le bureau ovale.

John lui avait un autre problème. En quittant l'armée, il avait une fois de plus vu son monde s'effondrer. Il devait s'en bâtir un nouveau, et cela le terrifiait. Heureusement pour le caporal Cross, une autre guerre lui tendait les bras.

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Le New York Police Departement

Pour un vétéran mal adapté au monde civil, il y avait peu de choix de carrière. Les recruteurs des sociétés militaires privées payaient bien mieux que l'État, mais John n'avait pas quitté l'armée pour devenir mercenaire... Même si ceux qui tenaient ce business juteux évitaient soigneusement ce mot. Rempiler était hors de question; restait la police, qui ouvrait grand les bras aux recrues qualifiées. Quelques semaines après son retour à la vie civile il postula pour rejoindre le célèbre NYPD, la police de New York.

En mars 2008, la guerre en Irak avait franchit la barre symbolique des 4 000 américains tués au combat après cinq ans de conflit. La même année, plus de 15 000 personnes avaient tuées sur le territoire des États-Unis lors d'homicides, dont près de la moitié par armes à feu. Au pays de la liberté, la paix armée tuait nettement plus que la guerre.

Diplômé de l’académie de Police, l'officier Cross fut affecté dans un commissariat de Brooklyn en janvier 2009. Il y découvrit qu'une rue de New York pouvait être aussi dangereuse qu'une route Irakienne; mais ce nouveau travail avait le mérite de donner un sens à sa vie, et de l'empêcher de sombrer dans les souvenirs. Tous ses anciens camarades n'avaient pas cette chance; ainsi un drogué qu'il avait été obligé d'abattre après qu'il ai blessé quatre personnes se révéla être un vétéran du même régiment que lui.

Il avait fait du sale boulot difficile, mais cela paya et il monta rapidement en grade. Ses états de service lui permirent de passer les examens d'Inspecteur en 2014, à seulement 27 ans. Désormais enquêteur en civil, il découvrit un travail différent des patrouilles en tenue, plus libre mais aussi plus exigeant.

Sa vie sociale en dehors du travail était pour ainsi dire inexistante et il finit presque naturellement par sortir avec une collègue, inspecteur elle aussi. Ils s'entendaient bien et se soutenaient, persuadés qu'un civil ne pourrait jamais comprendre ce qu'ils vivaient dans leur boulot. Les choses fonctionnaient si bien entre eux qu'ils finirent par s'installer ensemble.

Le couple tenait sur équilibre précaire, mais les deux inspecteurs continuèrent de donner la priorité à leur travail; peu à peu les anniversaires manqués, les nuits de planque et l'absence de projets d'avenir finirent par user la relation. La rupture était prévisible, pourtant elle prit John au dépourvu, peut-être parce qu'il n'avait pas voulu la voir venir.

Plus blessé qu'il ne voulait l'admettre, ce dernier chercha un autre poste, loin de New York. Il avait trop de souvenir dans cette ville, et de toute façon il avait déjà emballé ses affaires...

La police de Vegas recrutait suite à une série d'accidents meurtriers et de règlement de comptes entre gangs qui avaient durement entamés ses effectifs. Le salaire était attractif, mais surtout il n'aurait plus à calculer ses horaires de service pour éviter son ex.

Décidé à prendre un nouveau départ, John Cross démissionna donc de la police de New York pour rejoindre celle de Vegas.

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Bienvenue à Vegas

Pour la première fois depuis des années, John se déplaçait sans sa plaque, son arme et son gilet pare-balle, et il n'aimait pas ça. Le vol direct entre New York et Vegas permettait de traverser le pays d'un bout à l'autre en moins de sept heures, mais elles lui semblèrent interminables. L'après midi était bien entamé quand il quitta enfin le terminal.

Un taxi le conduisit de l'aéroport au centre ville, le Downtown.
À New York les chauffeurs étaient presque tous des immigrés, souvent des clandestins. Il ignorait si c'était la même chose ici, mais l'homme qui le conduisait était un grand blond qui parlait avec un fort accent texan, mâchant les mots comme du chewing-gum.

-Première fois à Vegas pas vrai? demanda-t-il pour lancer la conversation.Si vous z'avez besoin d'un chouette hôtel où crécher j'connais toutes les bonnes z'adresses!

Sans doute touche-t-il une commission pour chaque client, pensa John en observant les buildings aux enseignes colorés à travers la vitre.

-Ça ira, j'ai déjà un logement en ville, répondit-il poliment dans l'espoir de mettre fin à la conversation.
-Ah? Bah laissez tomber, lâcha le chauffeur un peu dépité avant de revenir à la charge. Et l'casino alors?
-Je suis ici pour le travail.

L'autre s'esclaffa.

-Moi aussi, ça m'empêche pas d'jouer! Vous pouvez pas v'nir vivre à Vegas sans met' les pieds dans un casino l'ami, ce s'rait un sacrilège...
-Un sacrilège dans la ville du pêché, ça fait sens, releva l'inspecteur.

Le central de la police de Vegas était bien plus grand que le commissariat de quartier où John travaillait à New York. Il se présenta à l'accueil, où le planton vérifia son identité avant de lui fournir un officier en tenue pour le guider et ouvrir les portes nécessitant un badge.

Les locaux de la troisième brigade d'enquête se trouvaient dans les étages. C'était un open space lumineux, avec des bureaux encombrés de dossiers et d'ordinateurs étonnamment récents. Les inspecteurs présents suivirent John du regard avec curiosité tandis que son guide le menait directement devant une porte vitrée, sur laquelle une plaque dorée indiquait le nom et le grade du maître des lieux: le capitaine R. Hicks.

-Alors c'est vous mon nouvel inspecteur? lança ce dernier en lui serrant vigoureusement la main. Bienvenue. On ne vous attendait que demain.
-Oui Capitaine, je suis venu en avance pour me présenter, répondit John.

L'officier était un grand afro-américain au crâne rasé, qui grimaça un sourire.

-C'est bien, c'est bien. Je vous en prie inspecteur Cross, asseyez-vous.

Tout en s'installant, ce dernier balaya le bureau du regard. Ses yeux s'arrêtèrent sur la photo militaire accrochée au mur.

-J'ai lu dans votre dossier que vous avez fait l'Irak? demanda son nouveau supérieur en remarquant ce qui avait attiré son attention.
-Oui capitaine. 75ème rangers, compagnie Bravo. Et vous?
-101ème aéroportée. J'étais en Iraq pendant la première guerre du golfe; dommage que vous ayez dû retourner finir le job. Si ça avait tenu qu'à nous, croyez moi Saddam y serait passé la première fois.

John se détendit insensiblement. Certains officiers appréciaient son zèle mais d'autres le voyait comme une menace. Que son nouveau patron soit un ancien militaire comme lui le rassurait même s'il ne le connaissait pas encore vraiment.

-J'ai vu vos états de service, poursuivit l'officier. La police de New York a perdu un bon élément, mais je me félicite de vous avoir sous mes ordres. Soyez ponctuel, faites bien votre travail et vous n'aurez jamais d'ennuis avec moi.
-Merci capitaine.
-Vous n'êtes pas obligé de me répondre, mais qu'est-ce qui vous amène à Vegas Inspecteur? Nous sommes très loin de chez vous.

John eu un demi sourire.

-J'avais besoin de changer d'air, éluda-t-il. Et le salaire est plutôt bon.
-Vous devriez en parler à ma femme, elle qui se plaint toujours que je ne gagne pas assez... Bref, ravi de vous avoir parmi nous Cross, conclut l'officier en se levant. Faites moi savoir si vous avez le moindre problème.

Il sourit à nouveau, mais sa mimique donnait l'impression que cela lui était profondément douloureux.

-Bienvenue à Vegas.

John fit un crochet par l'armurerie pour percevoir sa plaque, son arme et le reste de son équipement avant de reprendre un taxi vers la banlieue.
L'après midi touchait à sa fin mais c'était déjà le soir à New York; aussi avait-il décidé de se rendre d'abord au logement temporaire qu'il avait loué dans un immeuble de la périphérie, en attendant de pouvoir dénicher un appartement à son goût.
Le studio meublé se trouvait à une vingtaine de minutes de route du central, du moins s'il parvenait à éviter les bouchons, et le loyer était nettement plus raisonnable qu'en centre-ville.

Ses cartons avaient déjà été empilées au milieu du salon, mais il ne prit pas la peine de les déballer; ce dont il avait besoin tenait déjà dans la malle militaire posée près du lit. Vêtements de rechange, affaires de toilette... À quoi bon déranger le reste s'il déménageait prochainement?

Il consulta son portable. Trois messages; le livreur confirmait avoir déposé ses affaires chez lui, son ex-capitaine lui souhaitait bonne chance dans sa nouvelle affectation et un de ses anciens équipiers lui demandait des nouvelles. Il se força à répondre au dernier, même s'il savait que leurs contacts s'espaceraient progressivement jusqu'à cesser complètement maintenant qu'ils ne travaillaient plus ensemble.

John consulta sa montre. Il n'était que dix-huit heures. Il décida d'aller faire un tour en ville pour ''sentir'' un peu son nouveau terrain de chasse.

Trois heures plus tard, il franchissait à nouveau la porte du central, entraînant un homme menotté au visage passablement malmené. Le planton l'observa s'approcher, détaillant son costume-cravate et son long manteau noir.

-Vous êtes du FBI? demanda-t-il. Les fédéraux c'est au premier étage.
-Je suis le nouvel inspecteur de la troisième brigade, corrigea John. Ce type a essayé de braquer des touristes devant moi.
-Ah, c'est vous le nouveau? Mais vous avez commencé quand?

L'inspecteur regarda sa montre.

-Demain à neuf heures, lâcha-t-il avec un sourire satisfait.

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John avait eu le temps de saluer plusieurs de ses nouveaux collègues avant le briefing quotidien du capitaine Hicks.
Ce dernier avait commencé par lui souhaiter officiellement la bienvenue à Vegas et par le féliciter pour l'arrestation de la veille. L'officier répartit ensuite les affaires entre les inspecteurs présents. Manifestement les meurtres ne manquaient pas.

-... Enfin Cross, cette semaine vous ferez équipe avec l'inspecteur Cruz. Je compte sur lui pour vous présenter notre belle ville.

John se retourna vers l'homme qui acquiesçait bruyamment. C'était un hispanique bedonnant à la cinquantaine bien tassée, portant un costume élimé et un trench beige qui avait connu des jours meilleurs. Il ressentit instinctivement de l'antipathie pour cet homme, peut-être à cause de sa posture avachie ou parce qu'il était manifestement plus proche de la retraite que d'une promotion.

-C'est tout pour aujourd'hui; rompez, conclut le capitaine.

Tout le monde se leva et les policiers se dirigèrent vers la sortie de la salle de conférence. John surprit quelques regards tantôt désolés, tantôt moqueurs, qui l’agacèrent fortement.

-Salut, lança une voix derrière lui. Moi c'est Arthur, Arthur Cruz.

Son interlocuteur saisit la main qu'il lui tendait, qui manquait cruellement de fermeté.

-John Cross. Heureux de faire votre connaissance inspecteur Cruz. Alors, par quoi voulez vous qu'on commence? C'est votre ville.
-Par la machine à café, répondit froidement l'autre. Je suis bon à rien sans ma dose de caféine.

Un peu douché par cette réponse, John lui emboîtait le pas quand il remarqua un tableau blanc au fond de la salle de réunion.

Les noms de tous les inspecteurs de la brigade y étaient inscrits, ainsi que leurs nombres respectifs d'arrestations et de dossiers élucidés. Son nouvel équipier était tout en bas du classement, et de loin; à peine trois criminels arrêtés, et seulement sept affaires bouclées alors que le mois de novembre touchait de sa fin. Manifestement même avec sa dose de caféine, Arthur Cruz n'était pas bon à grand chose.

Vu le nombre d'affaire en cours, c'était sûrement le seul que le capitaine puisse se permettre d'affecter à la mission de guide touristique. La semaine s'annonçait longue.

-Génial, lâcha John entre ses dents avant de rattraper son équipier.

La ''pause café matinale'' de Cruz dura près d'une demi-heure, essentiellement passée à se goinfrer de beignets et à questionner son nouveau collègue, malgré les tentatives de ce dernier de diriger la conversation sur le travail.

-On devrait aller consulter tes dossiers en cours, suggéra finalement John tout en se retenant d'étouffer son nouveau collègue avec ses pâtisseries.
-Nan, sortons plutôt faire un tour en ville, répliqua l'inspecteur. Après tout le capitaine m'a dit de te faire découvrir Vegas, on va pas faire ça derrière un bureau!

John soupçonnait que ce soit surtout une excuse pratique pour ne pas avoir à s'approcher du monticule de dossiers empilé sur ledit bureau, mais il ne fit pas de commentaire et suivit son coéquipier au garage du commissariat. Sans surprise Cruz lui laissa le volant de la voiture banalisée.

-Le centre ville est plutôt tranquille, expliqua-t-il. Mais bon c'est friqué alors on bloque pas mal d'effectifs pour y patrouiller au lieu de les mettre où y a vraiment besoin. La Mairie est par là; si on continue sur cette route, on va arriver dans les quartiers commerçants et du côté des casinos. Tiens, prend à droite, on va aller vers Freemont.

Contrairement à ce que craignait le nouvel inspecteur, son collègue semblait savoir où aller. Il suivit ses indications.

-T'es à Vegas depuis longtemps? demanda John pour meubler la conversation.
-Vingt ans le mois prochain, répondit Cruz. Et toi, t'as fait combien de temps à New York?
-Dix ans comme flic, mais j'y suis né.
-Un vrai New Yorkais pur souche donc... Qu'est ce que t'es venu foutre à Vegas Cross?

Les mains gantées de John se crispèrent légèrement sur le volant.

-Besoin de changer d'air, éluda-t-il.
-Allez tu peux me le dire, insista Cruz. Y a plein de commissariat à New York donc ça doit pas être une question de promotion ou une bavure. Une fille je parie?

John ne répondit rien, espérant que son silence suffirait à faire comprendre à son coéquipier qu'il ne voulait pas en parler.

-T'inquiètes, tu l'oubliera vite. Vegas est parfaite pour ça! N'empêche ça devait être une vraie sorcière pour que tu la fuit jusqu'ici... Tiens, prend à droite.

L'inspecteur tourna un peu plus violemment que nécessaire, agacé.

La radio était calme à cette heure. Les criminels n'étaient pas encore levés, pour la plupart.
La voiture longeait de beaux immeubles, mais d'un seul coup un vaste terrain vague clôturé apparut sur la gauche. Une ruine imposante dominait sinistrement les alentours, et les panneaux d'interdiction tagués semblaient là depuis un long moment.

-C'est quoi ce truc?
-L'ancien complexe Feynman, répondit Cruz. Il s'est effondré lors de l'inauguration, y a plus d'un an maintenant. Séisme.
-Un séisme bien localisé, remarqua John. Ils n'ont rien reconstruit par dessus? Le terrain doit valoir une fortune.
-Faut croire que cet endroit a laissé un mauvais souvenir aux investisseurs. Tout le monde l'évite dans le coin, et je te conseille de faire pareil. La structure n'est pas stable, qui sait quand ça se cassera la gueule.

Le quartier Freemont semblait plus populaire que le reste de Downtown, et John comprit rapidement pourquoi Cruz l'y avait emmené. Les ruelles mal famées lui rappelaient certains recoins douteux de Brooklyn.

-Y a pas mal d'agression et de trafics dans le coin. Tiens, gare toi là, indiqua son guide.

L'inspecteur se dirigea sans hésiter vers une boutique de prêteur sur gage installée dans une petite maison coincée entre deux immeubles. On aurait dit que les énormes tours allaient écraser leur frêle voisin d'un moment à l'autre.

La porte tinta quand les deux policiers entrèrent. L'air était saturé d'encens ou d'une autre aromate qui piquait le nez. La boutique ressemblait plus à un antiquaire qu'à un prêteur sur gage; des bijoux brillaient dans les vitrines et des armes anciennes remplaçaient les habituels téléviseurs bon marchés. Un tapis oriental couvrait le centre de la pièce, sans doute une contrefaçon bon marché. Bien sûr une caméra scrutait tous leurs mouvements.

Un asiatique souriant attendait derrière le comptoir, protégé par une vitre pare-balle. Sa gorge portait une horrible cicatrice.

-Salut Huang, lança Cruz. Je te présente mon nouvel équipier, l'inspecteur Cross.

Le vendeur s'inclina légèrement et attrapa un bloc note sur lequel il écrivit ''enchanté''.

-De même, répondit John en essayant de ne pas fixer sa gorge.
-Alors, tu as ce que je t'avais commandé?

L'asiatique acquiesça de la tête puis disparu derrière un rideau menant à une arrière-boutique.

-C'est un de tes indics? Un receleur? demanda John en profitant de son absence.
-Bah non, répondit Cruz, l'air surpris de la question.
-Alors qu'est-ce qu'on fiche ici?

Le gérant réapparut et fit glisser une bague épaisse par l'ouverture prévu à cet effet dans le comptoir.

-Ma copine adore ce genre de bijoux, mais ça coûte un bras, expliqua Cruz. Et Huang fait les meilleurs prix de la ville. Combien? 60 dollars? Je prend!

John serra le poing tandis que la transaction s'effectuait.

-Tu nous a fait venir ici pour ça? lâcha-t-il, glacial.
-Soixante dollars pour une bague en argent massif, s'esclaffa Cruz ça vaut le déplacement. Tiens, regarde moi cette merveille...

Il lui agita sous le nez, et il fallut un réel effort de volonté à John pour ne pas l'envoyer valser à travers le magasin.
L'inspecteur regagna la voiture dans un silence glacial.

-Quoi tu fais la gueule? lança Cruz en s'asseyant lourdement dans le siège passager. C'est jamais arrivé qu'un collègue fasse une course pendant le service à New York?
-Pas chez un receleur, répliqua froidement John. Ce type ne t'a même pas fait de facture, et je parle même pas de la preuve d'achat originale qu'il est censé présenter pour ce genre d'objets.
-C'est sûrement une nana qui lui a revendu pour un peu de cash. Qu'est-ce que ça peut faire?

John inspira profondément. Dès ce soir, il irait voir le capitaine pour changer d'équipier; ce gros crétin n'était pas seulement un mauvais flic, mais il avait aussi une éthique franchement douteuse. Pas le genre avec lequel il voulait rester coincé toute une semaine.

-Allez, je t'offre un café, renchérit Cruz, sans doute persuadé de s'attirer ainsi ses bonnes grâces.

La journée se déroula avec une lenteur exaspérante. La ville était loin d'être aussi tentaculaire que New York et ses 8 millions d'habitants, mais elle possédait de nombreux quartiers ayant tous leurs spécificités. Aussi inefficace qu'il soit, Cruz était étonnamment bien informé sur l'histoire de la ville et de ses gangs.

-C'est beaucoup plus tranquille ces derniers temps, expliquait-il. Les Rossini et les O'Reily s’entre-tuent de temps en temps, mais rien à voir avec ce que ça a été du temps des Blackwood.
-Vous en arrêtez beaucoup?

Cruz haussa les épaules.

-Ce qui est bien avec le crime organisé, c'est que c'est organisé. Tant qu'ils respectent les règles, on évite de venir donner un coup de pied dans la fourmilière, si tu vois ce que je veux dire...

John acquiesça en silence. À New York, la police appliquait depuis longtemps la même politique; quand les choses dégénéraient il fallait bien rétablir l'ordre, mais en général attaquer les grosses organisations ne faisait que déclencher des guerres de gangs. La nature avait horreur du vide et la concurrence entre criminels générait pas mal de violence; alors la police fermait les yeux sur certains trafics... Sans compter que les politiques et même certains flics profitaient largement de ce genre ''d'arrangements''.

Une leçon que John avait apprit à ses dépends; pour faire tomber les gros poissons, il fallait bien préparer son coup.

Sans surprise, Cruz insista pour qu'ils rentrent à l'heure au poste, et ne s'attarda pas plus que strictement nécessaire avant de s'éclipser. Mais cette fois sa paresse rejoignait les vœux de son équipier du jour; ce dernier se laissa tomber sur un fauteuil et poussa un énorme soupir.

-Dure journée? s'enquit un autre inspecteur qui passait par là, un dossier à la main.
-J'ai connu pire et j'ai connu mieux, répondit John se levant. Inspecteur Cross.

L'autre lui tendit la main.

-Inspecteur en chef Terrence, se présenta-t-il. Écoutez je sais comment est Cruz, mais rassurez vous il représente pas la brigade. On travaille sur un dossier de home-jacking, ça vous tente de jeter un œil?
-Plutôt deux fois qu'une chef.

L'équipe de Terrence travaillait bien après la fin de service réglementaire, mais John prenait plaisir à bosser pour de bon, surtout après sa journée avec Cruz. Il n'apporta pas grand chose à l'enquête mais fit connaissance avec plusieurs autres inspecteurs de la brigade. Ces derniers l'invitèrent même à boire une bière dans un pub irlandais.

L'inspecteur chef avait sauvé la journée du naufrage, et John reprit le volant de bien meilleure humeur qu'en fin d'après midi.

Las Vegas changeait totalement entre le jour et la nuit. On aurait dit une autre ville, faite de lumière. Les buildings s'illuminaient et la fréquentation des rues changeait; les touristes côtoyaient les clubbers, et les grosses voitures, limousines et taxis se multipliaient. Les enseignes colorées tentaient d'attirer le maximum de la masse de ces clients potentiels, qu'ils soient à la recherche d'une nuit d’hôtel ou d'une nuit de jeu, de musique et d'alcool.

Distrait par le nouveau rythme de ce qui l'entourait, John ne tarda pas à se perdre. La voiture de service qu'on lui avait prêté n'était pas équipée d'un GPS, et il se trouva réduit à errer au hasard en cherchant un point de repère.

Il atterrit dans un quartier sordide, loin des lumières aguicheuses des grandes artères. La moitié des lampadaires ne fonctionnait plus, les ordures s'entassaient devant des immeubles pourris et des prostituées s'alignaient sur le trottoir en attendaient le client.

John toisa avec mépris la vieille impala arrêtée à leur niveau. La prostitution était officiellement interdite à Vegas, mais en pratique elle était relativement tolérée. Les mœurs faisaient une descente de temps en temps, quand elle devenait trop visible, et c'était tout.
Les clients de ce trafic là dégouttaient John au plus haut point; aucun ne voulait se demander pourquoi la fille qu'il ramassait se retrouvait là, à se vendre pour quelques dollars. Payer sa dope ou éviter les coups de son mac... Les deux en même temps généralement.

Il croisait l'impala quand une blonde ouvrit la portière pour y monter, allumant son plafonnier. John reconnut aussitôt le conducteur: l'inspecteur Cruz.

-Le gros porc. lâcha-t-il entre ses dents.

Le policier serra ses mains gantées sur le volant, ralentissant. Ce connard ne payait sûrement même pas; il montrait sa plaque et demander à la fille d'être "gentille" pour ne pas l'embarquer.

John tourna à l'angle, puis fit sauvagement demi-tour, éteignant ses phare pour être moins visible et prendre son équipier en filature.

Il se voyait bien lui donner quelques coups dans la gueule avant de le balancer dans une poubelle.

Bien sûr il aurait pu arrêter Cruz purement et simplement pour recours à la prostitution, mais la jouer dans les règles ne donnerait sûrement pas de bon résultats auprès de ses collègues et sa hiérarchie. Mieux valait régler ça discrètement... Mais brutalement.

Comme il s'en doutait, l'impala ne tarda pas à s'engager dans une ruelle. Les clients n'allaient jamais très loin pour "consommer".  John se gara de l'autre côté de la rue et traversa au pas de course. Sa respiration produisait un petit nuage de fumée à cause du froid de novembre.

Il jeta un rapide coup d’œil dans la ruelle plongée dans l'ombre. L'impala était bien là; John banda ses muscles et sprinta jusqu'à la portière conducteur qu'il ouvrit d'un coup.

-Putain! jura Cruz, fort à propos.

Non seulement il avait toujours son pantalon, mais en plus il tenait un dossier de police ouvert sur les genoux. La blonde peu vêtue assise sur le siège poussa un petit cri, lâchant la photo qu'elle tenait dans les mains.

-C'est quoi ce bordel? demanda John.
-C'est qui lui? cracha la prostituée pour toute réponse.
-Un collègue, lâcha distraitement Cruz en éloignant la main qui avait plongée dans sa veste avec une célérité dont son équipier ne l'aurait jamais cru capable. Qu'est-ce que tu fous là Cross?!

Excellente question, appuya l'inspecteur en pensée.

Jusque là il avait prit Cruz pour simple incapable, mais la réalité était manifestement plus inquiétante.

-Ça c'est ma réplique, Cruz. Qu'est-ce qui se passe ici?
-J'enquête, répliqua l'intéressé.
-À cette heure? Te fous pas de ma gueule. Tu fais du hors piste, toi?

La prostituée suivit l'échange en fronçant un peu plus les sourcils à chaque réplique.

-Bon expliquez vous tous les deux entre flics, moi je me casse, décida-t-elle avant d'ouvrir la portière.
-Eh, attends! Cross, empêche la de partir, c'est mon seul témoin!

John décida que c'était effectivement une bonne idée de la garder sous la main en attendant d'y voir plus clair et rattrapa rapidement la fille, handicapée par ses talons.

-Attendez un instant Miss. Vous...

La suite le prit totalement au dépourvu. La prostituée se retourna le poussa à deux mains avec une force surhumaine; John se sentit décoller du sol et s'écrasa sur le coffre de l'impala avant de tomber lourdement sur le bitume. Sonné, il dégaina son arme mais la blonde était déjà sur lui et lui arracha des mains, jetant le pistolet sans même chercher à s'en servir. Elle poussa un cri menaçant, presque animal, l’attrapa par les épaules et ouvrit démesurément la bouche comme si elle s’apprêtait à le mordre.

Cruz se jeta sur elle à cet instant et la plaqua au mur; elle le mordit à l'épaule, lui arrachant un cri de souffrance et de rage. John bondit sur ses pieds pour l'aider, mais la blonde lâcha prise avant qu'il n'intervienne et son équipier la repoussa violemment. Elle trébucha avant de s'étaler, toussant et crachant du sang.

-Saloperie, lâcha Cruz en jetant une seringue vide sur le sol avant de plaquer sa main libre là où elle l'avait mordu.

La blonde se traîna sur le sol, respirant péniblement; John la plaça sur le dos pour évaluer son état.

-Merde, jura-t-il avant de dégainer son portable. Elle doit être camée jusqu'aux cheveux. J'appelle les...
-T'appelle personne, le coupa son équipier. Avec la dose de sang de mort que je lui ai mis elle devrait être calme quelques heures. Menotte la et fout la dans le coffre.
-Tu déconne là j'espère?

Cruz dégaina un revoler et le pointa sur lui.

-S'il te plaît.

John s'exécuta sous la menace, prenant le volant de l'impala et suivant les indications de son ''équipier'', s'il pouvait encore le qualifier ainsi.

Loin de l'image du flic gras et pataud qu'il s'était fait de Cruz, l'homme assis sur le siège passager le surveillait avec attention, prenant garde de ne jamais baisser son arme ou à s'approcher assez près pour que John puisse le désarmer. Il agissait méthodiquement et avec sang froid.

Suivant ses indications, l'inspecteur stationna la voiture dans une ruelle. Il reconnu la silhouette sinistre des ruines du complexe Feynman de l'autre côté de la rue.
Cruz lui ordonna d'ouvrir le coffre et de porter la fille. Elle semblait fiévreuse, mais quand John la prit dans ses bras il sentit que sa peau était glacée. John s'était fêlé une côte lors de la bagarre et grimaça en la soulevant, mais il s'efforça d'ignorer la douleur.

Ils franchirent une grosse porte taguée dont leur ravisseur avait la clé, puis descendirent un escalier qui plongeait dans les entrailles de la ville.

-Cruz, cette fille a besoin de soins, et toi aussi, tenta John.
-J'ai juste une égratignure et elle... Elle ça ne se soigne pas. Allez on avance, ordonna durement l'intéressé.

Le trio déboucha dans une grande salle au plafond voûté et plongée dans le noir. Cruz alluma une lampe torche, révélant d'inquiétantes statues dans des alcôves et un long tunnel pavé d'une imitation de marbre.

-C'est quoi cet endroit? demanda John en avançant dans la direction éclairée par son collègue.
-La station du LV monorail qui devait desservir le complexe Feynman, répondit ce dernier. Bien sûr elle n'a jamais été reliée au réseau à cause de la catastrophe, et la mairie a muré presque tous les accès. La planque idéale pour travailler tranquillement.
-Travailler sur quoi?
-Encore un peu de patience. Crois moi quand tu sauras, tu le regretteras.

John y réfléchissait depuis déjà un moment. Cruz se donnait du mal pour avoir l'air d'un incompétent, mais ce n'était qu'une façade. L'enlèvement de la prostituée -et le sien par la même occasion- avait été proprement improvisé, sans panique ni hésitation. Il ne faisait aucune doute pour lui qu'il avait affaire à un tueur avec une longue expérience, et qu'il allait se débarrasser d'eux. Mais avec la fille dans les bras, il en ne pouvait pas faire grand chose. S'il avait voulu les abattre discrètement il aurait déjà pu le faire de toute façon, ce qui lui laissait un peu de temps.

Maintenant qu'il savait où ils se trouvaient, le décors prenait sens. L'endroit ne ressemblait pas au métro New Yorkais; c'était plus luxueux, presque gothique, et surtout plus poussiéreux.

Cruz les mena dans une zone ''réservée au personnel'', protégée par deux lourdes portes à code et à clé.
La lumière électrique y fonctionnait normalement et John découvrit une grande salle encombrée de caisses de matériel, d'armes et de divers objets tout droit sortis de l’attirail d'une sorcière médiévale: cranes d'animaux, desseins sataniques, statuettes étranges et torturées...
Un bureau chargé de notes et de dossiers occupait un angle de la pièce. Une grande carte de Vegas couverte d’annotations était placardée au mur et un tableau transparent était couvert d'une mosaïque de photos, d'articles de presses et de post-it. Ça représentait représentait des mois, non sans doute des années de labeur. Plus de doute possible, il avait bien affaire à un maniaque.

-N'essaie même pas de prendre une arme, prévint Cruz. Par là.

Il désigna une porte à l'écart du canon de son arme. Malgré le désordre ambiant, un large chemin dégagé avait été créé, et du sang séché montrait que ce n'était pas la première fois que quelqu'un suivait cette route.

La pièce derrière la porte était sombre et ressemblait à une salle de torture médiévale, version sataniste. Des chaînes pendaient du plafond et un pentacle tracé sur le sol entourait une chaise disposant de bracelets en fer.

-Attache ses menottes au crochet, ordonna impitoyablement Cruz.
-Son pouls est très faible, répliqua John. Laisse moi au moins...
-Fait ce que je te dis. Crois moi tu ne sais pas à quoi tu as affaire.

La mort dans l'âme, le policier dû s'exécuter. Sans la blonde sur les bras, il aurait de meilleures chances de pouvoir désarmer leur ravisseur et cela soulageait ses côtes meurtries. Rien que de respirer faisait mal.

-Assieds toi sur la chaise maintenant, ordonna Cruz.

Son collègue s'exécuta à nouveau, lentement, guettant la moindre ouverture. Mais l'autre restait sur le seuil, soigneusement hors de portée.

-John c'est bien ça? Tu dois te dire que je suis une espèce de cinglé, et ce que je vais te dire ne va pas vraiment te faire à changer d'avis. Les humains ne sont pas les seuls à vivre dans ce monde. Les monstres existent, et je ne parle pas des criminels, aussi tordus soient-ils. Vampires, loups-garous, fantômes, démons... Ils existent, et pour eux nous ne sommes que des sacs de viande.

Son auditeur n'ouvrit pas la bouche. Il commençait à entrevoir ce qui pouvait motiver Cruz. L'idée des monstres surnaturels devenait rassurante quand on voyait les horreurs que pouvaient s'infliger les hommes entre eux.
Malheureusement les monstres étaient bien humains, et à en juger par l'odeur de sang et de peur qui saturait la pièce, Cruz en faisait partie.
John devait rentrer dans son jeu, mais pas trop ostensiblement; le raisonner ne donnerait rien.

-D'accord Arthur, lâcha-t-il. Je veux bien essayer de te croire. Alors qu'est-ce que c'est ta place dans tout ça?
-Je sais que tu ne me crois pas, répliqua tranquillement Cruz. Moi non plus je ne l'aurais pas cru si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux.

Il pointa son revolver sur la blonde et tira sans hésitation. La détonation résonna dans l'espace confiné, faisant siffler les oreilles de John, qui se leva d'un bond. Ignorant l'arme pointée sur lui il se précipita vers la fille.

-Espèce de...
-Regarde bien, le coupa tranquillement Cruz.

La blonde avait reçu la balle en plein front, et sa tête était partie en arrière. Le projectile de gros calibre avait creusé un trou de la taille d'une pièce de monnaie et une goutte de sang coula dans ses cheveux. John serra les poings; il n'avait pas pu la sauver. Il essaierait au moins de faire en sorte qu'elle soit la dernière victime de Cruz...

Mais la fille prit soudain une grande inspiration et redressa la tête avant de lâcher un gémissement de souffrance. Ça ne pouvait pas être un simple réflexe post mortem; elle respirait et sa blessure se refermait à vue d’œil.

-Impossible, lâcha simplement John.
-Les vampires sont pas sensibles aux balles. Ça fait que les ralentir, expliqua doctement Cruz. Il faut les décapiter ou les brûler, les deux de préférence. Ça fait deux semaines que j'enquête sur celle là; trois prostituées ont été trouvées mortes dans le quartier, proprement vidées de leur sang, la gorge tailladée. Officiellement pour la police c'est un maniaque, mais n'importe quel chasseur débutant aurait comprit à quoi il avait vraiment affaire. Je pensais qu'un vampire embarquait ses proies en jouant les clients, mais je me trompais. D'après mes indics, elle traînait avec les victimes peu avant leur mort, ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille. Je me fais vieux.
-C'est impossible, répéta John.

La blonde leva les yeux vers lui. Ses pieds touchaient à peine le sol.

-Aidez moi, supplia-t-elle dans un souffle.
-Elle a vraiment l'air humaine, pas vrai? Mais ne t'y trompe pas. C'est un monstre, qui tue de sang froid. Besoin d'une autre preuve?

Il dégaina un poignard à la lame argentée de sa ceinture et le fit glisser jusqu'à John.

-Entaille toi le poignet et regarde comment elle réagit à la vue du sang, ordonna-t-il.

Quelques minutes plus tôt, l'inspecteur aurait sans doute utilisé l'arme contre Cruz. Mais désormais il nageait en pleine confusion; pourtant il était sûr de ce qu'il avait vu, ce n'était pas un trucage.

Il releva donc sa manche et s'entailla légèrement le poignet pour faire perler un peu de sang.

La réaction de la blonde fut spectaculaire; ses yeux s’écarquillèrent et une paire de crocs acérés jaillit de sa gencive supérieure. John recula instinctivement et serra le poignard alors qu'elle se démenait pour l'atteindre malgré les chaînes. Elle grognait comme un animal.

-Seigneur, murmura-t-il.
-C'est une jeune et le sang de mort que je lui ai injecté l'a beaucoup affaiblie, expliqua tranquillement Cruz. Elle a beaucoup de mal à résister à la faim. Celui qui l'a transformée a dû se lasser d'elle, ou alors elle s'est enfuie. J'en saurais plus après l'avoir interrogée. Les vampires plus âgés savent mieux se maîtriser; ils sont plus discrets et ne tuent que par plaisir.

Quand John se retourna, il avait baissé son arme.

-Allez viens, on a beaucoup de choses à se dire.

Tout en soignant sa morsure à l'épaule, Cruz lui expliqua qu'il traquait les surnaturels depuis plus de dix ans. Il avait découvert leur existence quand un autre chasseur l'ai aidé sur une affaire apparemment insoluble, vengeance par-delà la tombe d'un fantôme.

Son poste d'inspecteur était idéal pour repérer les morts étranges et autres disparitions, mais officiellement il ne venait jamais à bout de ces affaires et il avait rapidement compris que passer pour un incapable paresseux auprès de ses collègues l'aidait à cacher sa double activité bien mieux que d'être un super flic. Il avait donc nourrit cette couverture tout en se perfectionnant.

Au début il chassait des créatures isolées, mais au fil de ses enquêtes il avait apprit que les surnaturels se rassemblaient en ville, de plus en plus nombreux. Ils avaient pris le contrôle du crime organisé et régnaient en maîtres sur la ville, jusqu'à la mairie et même la police. Même les chasseurs  devaient faire profil bas désormais.

-Ce n'est pas possible, lâcha John. Les gens se rendraient compte...
-Les gens ne veulent pas savoir. Toi-même quand cette vampire t'a projeté dans les airs tu t'es persuadé qu'elle était camée et que ça lui donnait une force surnaturelle. Si tu racontais tout ça, tu passerais simplement pour un taré, peut-être même qu'ils parviendraient à te convaincre que c'est vraiment toi qui déraille avec assez de médocs et de ''thérapie''. C'est arrivé à pas mal de médiums et de survivants d'attaques surnaturelles.

John voulut répliquer, mais il se rendit compte que c'était la stricte vérité.

-S'ils sont si doués que tu le dis pour se cacher parmi nous, comment tu sais que je ne suis pas...?
-Oh, je t'ai testé. Huang fournit les chasseurs de la ville; tu as traversé le piège à démon caché sous le tapis de son magasin, tu te baladais en plein jour et j'ai pu t'agiter une bague en argent massif sous le nez sans que tu réagisse. Ça élimine déjà les créatures que je connais.

John acquiesça. Cruz était décidément un homme redoutable, et ce qu'il lui expliquait était terrifiant. Le monde qui l'entourait et qu'il croyait connaître se fissurait comme une vitre brisée.

-S'il existe des démons et tous ces monstres, alors les anges existent aussi? Et les extraterrestres? demanda-t-il avec espoir. Quelque chose qui aiderait l'humanité à gagner cette guerre?

Le chasseur haussa les épaules.

-Gagner? Cette guerre ne finira jamais John. Tout ce qu'on fait c'est les empêcher de proliférer et tuer librement, mais on ne pourra pas les éradiquer. Certains grimoires parlent d'anges ou de créatures pacifiques, mais je n'en ai jamais croisé, ni aucun autre chasseur que je connaisse, lâcha-t-il. Mais bon après tout ce que j'ai vu là dehors, un petit bonhomme gris traversant l'espace dans une soucoupe ne me surprendrait même plus.

Un long hurlement retentit, provenant de la pièce voisine.

-Qu'est-ce que tu vas faire d'elle? demanda John, que ce cri avait glacé jusqu'aux os.
-L'interroger, puis la décapiter et brûler son corps avant de l'enterrer dans un coin du désert, répondit froidement Cruz. C'est tout ce qu'on peut faire pour elle.
-Il doit y avoir une meilleure solution...

Cruz secoua la tête.

-Ne te laisse pas abuser. Ils ont l'air humains, mais ce n'est qu'un camouflage. Aucune de ces créatures n'a besoin de tuer pour survivre; elles le font par pulsion ou par goût. Et il n'y a qu'un moyen de les arrêter quand elles franchissent la ligne.

Cette nuit là, John ne parvint pas à trouver le sommeil, même un bref instant. Il serrait son arme contre lui, protection pitoyable contre les véritables menaces qui rodaient dans la nuit.

----------------------------------

Sans surprise, Cruz ne se présenta pas au commissariat le lendemain. Il avait prétexté une intoxication alimentaire pour expliquer son absence, ce qui ne sembla surprendre aucun de ses collègues. Mais John connaissait la vérité; le chasseur suivait les traces de la vampire capturée à la recherche d'un ''nid''.

Le capitaine l'affecta à l'équipe du chef Terrence. Quelques heures plus tôt cette nouvelle l'aurait réjouit, mais désormais c'est à peine s'il parvenait à se concentrer. Le monde secret qu'il avait découvert et sa guerre silencieuse occupait toutes ses pensées. Sa nuit blanche n'aidait pas non plus, de même que ses côtes blessées.

Il parvint plus ou moins à donner le change en prétextant avoir attrapé la même intoxication que Cruz. Un des inspecteurs fit une plaisanterie sur la ''maladie'' supposée de son collègue, qui fit s'esclaffer tout le monde. John se força à rire un peu pour ne pas attirer l'attention, ce qui le lança douloureusement du côté de ses côtes blessées.

Dix ans que Cruz supportait d'être considéré comme un raté, alors qu'il chassait des monstres dont ses collègues ignorait jusqu'à l'existence. John prit soudain conscience des sacrifices énormes qu'avait impliqué ce choix alors qu'il aurait pu continuer à vivre normalement une fois son fantôme envoyé dans l'autre monde...
Non en fait ce n'était pas un choix. Une fois qu'on savait on ne pouvait plus vivre comme avant, surtout pas quand on était un flic.

C'est à ce moment qu'il prit la décision d'aider Cruz dans sa mission.

Le chasseur ne répondait à aucun de ses messages, mais il ne s'en inquiéta pas, le sachant bien occupé. Il quitta le commissariat le plus tôt possible et rentra chez lui après un passage dans une pharmacie pour acheter des anti-douleurs.

Une lettre avait été glissée sous sa porte durant son absence.

John,

Peu de chasseurs atteignent mon âge en vie; je me fais vieux et le moment est venu de raccrocher avant d'y rester. Le fait que tu ai réussi à me surprendre l'autre soir m'a ouvert les yeux. Je pars pour un endroit loin d'ici, l'Asie peut-être. Je n'ai pas encore décidé.
À l'heure qu'il est le capitaine a déjà reçu ma démission, mais on sait tous les deux qu'il y a un autre travail que je laisse derrière moi.

On ne se connaît pas vraiment, mais j'ai cru voir quelque chose en toi hier et je me suis un peu renseigné sur toi. Tu es un bon flic, et plus important, un soldat.
Ces choses sont là, dehors, à toi de décider si tu veux essayer de les ignorer ou de les combattre. Un type sage laisserait sûrement cette guerre à d'autres, mais si tu es l'homme que je crois alors tu auras besoin d'aide.

J'ai laissé un paquet pour toi à un ami peu causant. Peut-être que c'est juste une façon de me donner bonne conscience avant de déserter, mais je crois vraiment que tu iras le voir. Au pire il trouvera bien quelqu'un d'autre.

Quoi que tu décide, je te souhaite bonne chance, partenaire.


La lettre n'était pas signée, mais John savait très bien qui l'avait écrit, et où il devait se rendre. Le choix ne se posait même pas; c'était comme si toute sa vie l'avait préparé à ce moment, à cette nouvelle guerre.

Le paquet que Cruz avait laissé chez Huang contenait deux choses; les clés de la station Feynman et un épais carnet en cuir.

Ce dernier était constitué de centaines de pages de notes, photos, dessins et articles de presse qui retraçaient chacune des chasses, enquêtes et rumeurs accumulées par son propriétaire ces dix dernières années.

--------------------------------------

John Cross avait été un gamin en colère, un soldat puis un flic.
Désormais, il était tout ça à la fois.

Il était un chasseur.

Pseudo : Varig
Âge : 26 ans

Comment avez-vous connu le forum : via Morrigan (coucou!)
Votre avis : Le forum est très beau, et il y a une très grande variété de lieux à découvrir! Le contexte a l'air vivant et très évolutif, j'espère m'y faire une petite place ^^
Votre fréquence sur le forum : je dirais 2/7, peut-être plus, ou un peu moins en cas de période chargée IRL
Un ajout : rien à ajouter huhu

Mot de passe : Validé par Morrigan

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Morrigan MacLaughlin

Dossier du personnage
✘ Métier:
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Morrigan MacLaughlin
Maléficienne O'Reily • Admin
Messages : 319
Points RP : 142
Points ☆ : 9.5
Age : 32
Nationalité : Irlandaise
Situation : Célibataire
Lun 14 Jan 2019 - 14:09
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Bienvenue !

C'était du rapide en fin de compte :foxcute:
En lisant le début de ta fiche, je suis en train de me demander si tu vas nous la faire à rallonge :hum: :choc:

Dans tous les cas, bon courage et si jamais tu as besoin, tu sais où frapper et pas sur qui




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Elisabeth Callahan

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✘ Métier: Trafiquante d'armes
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Elisabeth Callahan
Louve O'Reily • Modératrice
Messages : 65
Points RP : 23
Points ☆ : 3
Lun 14 Jan 2019 - 17:14
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Bienvenue inspecteur de police :D !

Hâte de lire la suite de ta fiche !


John Cross - fiche terminée 1547382066-signnngg
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John Cross

Dossier du personnage
✘ Métier: Inspecteur de police / chasseur
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
John Cross
Humain Chasseur
Messages : 79
Points RP : 57
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Age : 32
Nationalité : Américaine
Situation : Célibataire
Lun 14 Jan 2019 - 21:06
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Merci de votre accueil! Huhu désolé Morrigan y a des chances que ce soit long comme fiche :P
Dis moi Elizabeth je suis curieux, ton avatar change aléatoirement, comment tu fais ça?
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Aranea M. Redfield

Dossier du personnage
✘ Métier: Leader de la Délégation Démoniaque/Collectionneuse et Propriétaire d'une galerie d'arts
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Aranea M. Redfield
Démone Infernaux • Admin
Messages : 142
Points RP : 36
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Age : 1508
Nationalité : Française
Situation : Célibataire
Lun 14 Jan 2019 - 23:04
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Bienvenue dans le Nevada John ♥️

Un Chasseur et un Flic, tout ce dont nous avions besoin ! -meurs-

Bon courage pour le reste de la fiche et n'hésite pas si tu as des questions :yipi:


Break me down and build me up. I wanna be the slip, Word upon your lip, Letter that you rip. Whatever it takes 'Cause I love the adrenaline in my veins. I do whatever it takes 'Cause I love how it feels when I break the chains ~
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Femora Nils

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✘ Métier: Sans emploi
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Femora Nils
Fantôme Smoothdawn • Modératrice
Messages : 369
Points RP : 106
Points ☆ : 7
Age : 27
Nationalité : Norvégienne
Situation : En couple avec Nini ♥
Mer 16 Jan 2019 - 14:19
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Bienvenue par ici ! En tant qu'inspecteur de police et chasseur, tu ne vas pas manquer de boulot :Femy: Bon courage pour la suite :foxcute:


Bouh !
         
John Cross - fiche terminée Dsttdx14
 

LMG0
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John Cross

Dossier du personnage
✘ Métier: Inspecteur de police / chasseur
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
John Cross
Humain Chasseur
Messages : 79
Points RP : 57
Points ☆ : 12.5
Age : 32
Nationalité : Américaine
Situation : Célibataire
Jeu 17 Jan 2019 - 2:19
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Merci à tous les deux de l'accueil =)
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Lorenzo Rossini

Dossier du personnage
✘ Métier: Parrain Rossini
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
Messages : 409
Points RP : 287
Points ☆ : 2
Age : 1237
Nationalité : Italienne
Situation : Fiancé à la terrible Calista... Priez pour moi ~
Jeu 17 Jan 2019 - 21:13
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Bienvenue o/

Zut, je sais pas si je dois t'aimer ou pas... T'es humain donc tu dois être bon à manger, mais si tu chasse, ça va m'embêter un peu <<"


John Cross - fiche terminée Lorenz11


Merci pour les cadeaux, je garde précieusement le mignon ~

Mes autres cadeaux ♥:
 
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John Cross

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✘ Métier: Inspecteur de police / chasseur
✘ Description Physique:
✘ Inventaire/Pouvoirs:
John Cross
Humain Chasseur
Messages : 79
Points RP : 57
Points ☆ : 12.5
Age : 32
Nationalité : Américaine
Situation : Célibataire
Ven 18 Jan 2019 - 23:34
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Encore une fois merci de l'accueil, même à ceux qui envisagent de me manger huhu

Ma fiche est dès à présent terminée! Je m'excuse par avance du physique peu fournis, mais à ma décharge mon histoire a cassé la limite de caractères de forum actif, je n'ai donc pas pu la rallonger comme je l'avais prévu. À très bientôt j'espère!

PS: merci à Morrigan pour l'avatar, je l'adore!

Déposition de Madeline Roswell (89 ans):
 
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Aranea M. Redfield

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✘ Métier: Leader de la Délégation Démoniaque/Collectionneuse et Propriétaire d'une galerie d'arts
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Aranea M. Redfield
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Points RP : 36
Points ☆ : 2
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Situation : Célibataire
Sam 19 Jan 2019 - 10:34
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Message reçu ! On s'occupe de toi dès que possible :Femy:


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Le Maître du Jeu

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Sam 19 Jan 2019 - 15:24
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Etape de Validation

Bonjour et bienvenue à Vegas, John !

Nous avons lu ta fiche avec attention : elle est très fluide et agréable à lire. Nous apprécions particulièrement ta façon d'inclure les détails du contexte et de la ville dans ton histoire, ce qui nous prouve que tu as parfaitement compris l'histoire du forum et tout ce qui se trouve autour. Nous n'avons aucune raison de retarder ta validation : ton dossier est accepté, tu peux dès à présent te balader à Las Vegas ! Bon courage dans la ville du vice, tu risques d'en avoir bien besoin ~

Maintenant que tu es validé, tu peux parcourir le forum à ta guise ! Nous te conseillons de faire un tour du côté des demandes pour trouver un partenaire RP et/ou faire ta demande de lieux, ou bien du côté de l'agence pour toute demande de liens. Et si jamais tu souhaites égayer tes posts, tu peux toujours faire un tour du côté de la partie Défis, à tes risques et périls !

Il y a également une partie appelée Dossiers Complémentaires, dans laquelle tu pourras répertorier les liens que ton personnage aura créé avec les personnes qu'il aura rencontrées. Si jamais le cœur t'en dit, tu as la partie Biographies où tu peux, si tu le souhaites, développer davantage l'histoire de ton personnage. Et si tu veux développer tes contacts in RP, la partie Communations te permettra de créer ton téléphone, ta messagerie mail, ou même tes réseaux sociaux !

Enfin, si tu as besoin d'un code HTML ou d'une création graphique, tu peux toujours faire ta demande dans ce sujet. Les membres te donneront volontiers un coup de main !

Sur ce, passe de bons moments à Las Vegas ! Et si tu as des questions, n'hésite pas à MP un membre du staff ♥️





Compte du MdJSi vous souhaitez contacter un admin, merci d'envoyer un MP à Matteo Rossi, Calista Johansen ou Morrigan MacLaughlin. Et non au compte MdJ !
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