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John Cross
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John Cross
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Age : 31
Nationalité : Américaine
Situation : Célibataire
Lun 14 Jan - 13:29
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John Cross





Prénom : John
Nom : Cross
Âge : 31 ans
Race : Humain
Nationalité : Américain
Orientation : Hétérosexuelle

Groupe : Chasseur
Métier : Inspecteur de Police

Crédit de l'avatar : Nobuchika Ginoza // Psycho Pass

Arme : Pistolet Glock 22, matraque télescopique, poignard en argent. Autres armes selon la situation allant du fusil AR-15 au revolver.

À toutes les patrouilles, on a un 10-32. Individu de race blanche, la trentaine, taille moyenne, cheveux noirs longs, portant long manteau noir sur une chemise cravate et des lunettes de soleil. Je répète, 10-32. Terminé.

Bilan d'évaluation par le Dr Christopher Bow, psychologue consultant du LVPD, 14 janvier 2019

Après examen, il apparaît que l'Inspecteur Cross présente plusieurs symptômes inquiétants, évocateurs d'un syndrome de stress post traumatique: troubles du sommeil, hyper-vigilance et détachement émotionnel.

N'ayant pas pu consulter son dossier militaire il m'est impossible de savoir si ces troubles sont la conséquence de son passage dans les Rangers ou dans la Police; toutefois ils s'inscrivent manifestement dans la durée, ne proviennent pas des événements ayant amené ce bilan d'évaluation.

Ses capacités sociales sont satisfaisantes, il a un contact cordial et facile avec autrui, mais toujours superficiel. Le patient ne s'ouvre jamais vraiment, conservant une distance par rapport aux autres.

Intelligence au dessus de la moyenne. À priori, aucune tendance suicidaire, se déclare catholique pratiquant. Pas de consommation d'alcool, dit parfois prendre des anxiolytiques pour traiter ses troubles du sommeil. Fumeur occasionnel.

Aucun entourage familial et amical, ce qui me laisse penser que prolonger son congé forcé serait plutôt de nature à aggraver son état qu'à l'améliorer. Il s'est montré très soucieux de reprendre rapidement le travail.
Le patient n'étant en ville que depuis quelques mois, il est difficile de savoir si son isolement en dehors de sa vie professionnelle est un choix délibéré.

J'approuve son retour au service actif mais préconise des séances de suivi régulières.

Enfance et Adolescence

Une sonnerie de téléphone, c'est tout ce qu'il faut au monde pour s'effondrer.

Né dans une famille plutôt favorisée de New-York, John Cross n'avait jamais eu de raison d'avoir peur de l'avenir avant cette soirée de février 1996. Il vivait dans un quartier tranquille de banlieue avec deux parents aimants, il avait des copains de son âge et tout ce dont un petit garçon de huit ans peut rêver.

Bien sûr il n'en avait pas conscience. Si on l'avait interrogé, il aurait sans doute regretté de ne pas avoir un jardin plus grand pour pouvoir y construire une cabane perché dans un arbre comme le héros de son livre préféré, ou réclamé une plus grande chambre.

Il commençait juste à s'endormir quand le téléphone avait sonné. C'était sa baby-sitter qui avait décroché; son monde n'y avait pas survécu.

John avait passé les jours suivants dans une espèce de brume, incapable de comprendre ce qui se passait. Les mots refusaient de prendre leur sens: ''accident de la route'', ''décès''...
Même une fois à l'orphelinat, il avait passé des jours à attendre à la fenêtre, persuadé de voir ses parents apparaître sur le perron. Il ne pouvait pas d'admettre que les cercueils qu'il avait vu disparaître sous une dalle de pierre était tout ce qui restait de sa famille.

Hélas même un enfant doit finir par accepter la réalité. Le monde ne s'arrête jamais de tourner, même quand vous aimeriez qu'il le fasse. La maison où il avait vécu son enfance fut rapidement vendue, et l'ensemble des biens de ses parents furent placés sur un compte en banque pour y dormir jusqu'à sa majorité.

Vu son âge il avait très peu de chance d'être adopté, et les services sociaux le placèrent dans un orphelinat catholique de Brooklyn. C'était un gamin intelligent, mais renfermé et solitaire.
Il s'habitua peu à peu à sa nouvelle vie, sa nouvelle école et aux messes dominicales.
Les choses allèrent même assez bien jusqu'à son entrée au collège, où son caractère taciturne en fit la cible favorite d'un petit groupe de garçons de sa classe. Bousculades et insultes se firent rapidement quotidiennes...

Et puis un jour, l'un d'eux lui asséna une claque. Sèche, humiliante, même pas destinée à lui faire mal.

John sauta à la gorge du responsable avec un cri de rage et le jeta sol, parvenant à lui asséner quelques coups malhabiles avant que ses copains n'interviennent. Le tout se solda par une sévère raclée pour le garçon, mais il y gagna une certaine tranquillité, et une leçon: les gens violents ne font pas de bonnes victimes.

Rapidement, il apprit aussi que la colère qui avait explosée ce jour là ne le quitterait plus.
Il respectait trop l'ordre et l'autorité pour s'en prendre aux adultes, mais son attitude envers ses camarades ne tarda pas à inquiéter les religieuses de l'orphelinat et ses professeurs, particulièrement le père David, qui dirigeait l'établissement. La solution qu'il proposa étonna ses collègues; il inscrivit John à un cours de boxe. Étonnamment, cela porta ses fruits. Ce sport lui enseigna à mieux maîtriser la colère qui l'habitait, et ils se fit même quelques amis, souvent plus âgés.

John ne savait pas vraiment ce qu'il allait faire de sa vie, jusqu'à ce qu'arrive le 11 septembre 2001. New-York avait été frappée en plein cœur, et c'est tout le pays qui semblait avoir reçu une énorme claque. La nation allait réagir exactement comme lui des années plus tôt; sauter à la gorge du responsable. Comme des milliers d'autres jeunes américains, l'adolescent décida de s'engager dans l'armée. Hélas il n'avait que treize ans, et de longues années le séparaient encore de l'âge légal d'enrôlement.

Le père David n'appréciait ni ce projet, ni la ferveur vengeresse qui avait contaminé une bonne partie du pays. Mais ses prudents sermons n'étaient qu'une goutte d'eau face au torrent qui déferlait. Les opposants à la guerre contre le terrorisme étaient minoritaires.
Ses notes et l'argent hérité de ses parents auraient permis à John de poursuivre des études, mais le prêtre ne parvint pas le faire changer d'avis; il s'engagea le jour de ses dix-huit ans, au grand dam de celui qui était presque devenu un père pour lui.

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La guerre

L'entrée dans l'armée fut comme une renaissance pour John. D'abord parce qu'il s'y préparait depuis de nombreuses années, mais surtout parce qu'il s'y découvrit une nouvelle famille.

L'entraînement était éprouvant, soudant les recrues, ces jeunes venaient de partout, avec des parcours et des motivations radicalement différents. Ça allait du fils de fermier patriote au gamin du Bronx fuyant la violence des gangs, en passant par les lycéens fauchés attirés par la bourse d'étude promise par l'armée...
Tous ensemble pourtant, ils formaient un seul corps. Une putain d'unité de combat des putains de Rangers de la putain d'armée des États-Unis d'Amérique comme aurait dit le putain de sergent instructeur.

John n'avait jamais été un gars très populaire, mais ses nouveaux camarades le traitaient comme un frère; il était bien noté et se sentait à sa place pour la première fois de sa vie. Draguer devenait aussi nettement plus facile; lui qui n'avait eu qu'une seule copine durant quelques semaines de toute son adolescence découvrit les relations sans lendemain.

En avril 2007 les soldats de l'unité avaient fêté la nouvelle de leur départ pour l'Irak tous ensemble, en même temps que l'anniversaire et le galon de caporal de John. Ils allaient finir le job, et exterminer Al Quaïda une bonne fois pour toute.
Le jeune homme était confiant, tout comme ses camarades. Bien sûr des rumeurs inquiétantes filtraient jusque dans les rangs des militaires, mais il avait passé des années à résister aux arguments pacifistes du père David. Le président et les journalistes l'avaient assez martelé: l'Amérique menait une guerre juste et elle la gagnait.

Malheureusement, personne ne semblait en avoir informé les Irakiens.

Les recrues s'étaient entraînées au combat avec tous les moyens que pouvait offrir la meilleure armée du monde, mais rien ne pouvait les préparer à cette guerre là. L'ennemi était partout et nulle part, toujours invisible et pourtant mortel. Les engins explosifs improvisés et les tireurs isolés étaient une menace constante, impossible à anticiper ou à affronter. L'attente usait les nerfs, au point que les soldats en venaient à espérer le moment où le combat éclaterait enfin.

John ne pria jamais avec autant de ferveur que là-bas. ''Y a pas d'athée sous une pluie de bombe'' lâchait avec ironie leur aumônier.

Un mois s'écoula avant que l'unité perde son premier soldat, Kyle Reese. Son Humvee sauta sur une bombe artisanale enterrée tout près du camp de base. Les deux gars à l’arrière rentrèrent au pays en morceaux, grièvement blessés; en revanche le passager s'en sortit presque indemne, désorienté et tremblant.

Le soir même, John écrivit au père David, cherchant un sens à ce miracle. Mais il ne reçut jamais de réponse; le prêtre était mort dans son lit quelques mois après qu'il se soit engagé. Il ne l'apprit qu'une fois rentré en Amérique, des semaines plus tard.

Son contrat s'achevait, et il n'en signa pas d'autre malgré l'instance de ses chefs qui voulaient le nommer sergent. Il avait assez donné à cette guerre, et elle lui avait assez prit.
Bush avait mentit au monde entier, avant de vendre ce conflit aux américains; et John avait fait partie de ceux qui était trop heureux de l'acheter. Il croyait encore aux soldats qui l'avaient faite, mais plus à ceux qui l'avait ordonnée.

Finalement, les sermons du père David sonnaient comme d'implacables prédictions. Les recruteurs qui arpentaient les lycées en promettant bourses d'études, sécurité sociale et prime d'engagement à ceux qui signeraient avaient de plus en plus de peine à remplir leurs quotas. Les opposants à la guerre, de plus en plus nombreux, manifestaient à Washington. La crise de l'immobilier menaçait des millions de familles, et Obama remplacerait bientôt Bush dans le bureau ovale.

John lui avait un autre problème. En quittant l'armée, il avait une fois de plus vu son monde s'effondrer. Il devait s'en bâtir un nouveau, et cela le terrifiait. Heureusement pour le caporal Cross, une autre guerre lui tendait les bras.

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Le New York Police Departement

Pour un vétéran mal adapté au monde civil, il y avait peu de choix de carrière. Les recruteurs des sociétés militaires privées payaient bien mieux que l'État, mais John n'avait pas quitté l'armée pour devenir mercenaire... Même si ceux qui tenaient ce business juteux évitaient soigneusement ce mot. Rempiler était hors de question; restait la police, qui ouvrait grand les bras aux recrues qualifiées. Quelques semaines après son retour à la vie civile il postula pour rejoindre le célèbre NYPD, la police de New York.

En mars 2008, la guerre en Irak avait franchit la barre symbolique des 4 000 américains tués au combat après cinq ans de conflit. La même année, plus de 15 000 personnes avaient tuées sur le territoire des États-Unis lors d'homicides, dont près de la moitié par armes à feu. Au pays de la liberté, la paix armée tuait nettement plus que la guerre.

Diplômé de l’académie de Police, l'officier Cross fut affecté dans un commissariat de Brooklyn en janvier 2009. Il y découvrit qu'une rue de New York pouvait être aussi dangereuse qu'une route Irakienne; mais ce nouveau travail avait le mérite de donner un sens à sa vie, et de l'empêcher de sombrer dans les souvenirs. Tous ses anciens camarades n'avaient pas cette chance; ainsi un drogué qu'il avait été obligé d'abattre après qu'il ai blessé quatre personnes se révéla être un vétéran du même régiment que lui.

Il avait fait du sale boulot difficile, mais cela paya et il monta rapidement en grade. Ses états de service lui permirent de passer les examens d'Inspecteur en 2014, à seulement 27 ans. Désormais enquêteur en civil, il découvrit un travail différent des patrouilles en tenue, plus libre mais aussi plus exigeant.

Sa vie sociale était pour ainsi dire inexistante et il finit presque naturellement par sortir avec une collègue, inspecteur elle aussi. Ils s'entendaient bien et se soutenaient, persuadés qu'un civil ne pourrait jamais comprendre ce qu'ils vivaient dans leur travail. Les choses fonctionnaient si bien entre eux qu'ils finirent par s'installer ensemble.

Le couple tenait sur équilibre précaire, mais les deux inspecteurs continuèrent de donner la priorité à leur travail; peu à peu les anniversaires manqués, les nuits de planque et l'absence de projets d'avenir finirent par user la relation. La rupture était prévisible, pourtant elle prit John au dépourvu, peut-être parce qu'il n'avait pas voulu la voir venir.

Plus blessé qu'il ne voulait l'admettre, ce dernier chercha un autre poste, loin de New York. Il avait trop de souvenir dans cette ville, et de toute façon il avait déjà emballé ses affaires...

La police de Vegas recrutait suite à une série d'accidents meurtriers et de règlement de comptes entre gangs qui avaient durement entamés ses effectifs. Le salaire était attractif, mais surtout il n'aurait plus à calculer ses horaires de service pour éviter son ex.

Décidé à prendre un nouveau départ, John Cross démissionna donc de la police de New York pour rejoindre celle de Vegas.

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Bienvenue à Vegas

Pour la première fois depuis des années, John se déplaçait sans sa plaque, son arme et son gilet pare-balle, et il n'aimait pas ça. Le vol direct entre New York et Vegas permettait de traverser le pays d'un bout à l'autre en moins de sept heures, mais elles lui semblèrent interminables. L'après midi était bien entamé quand il quitta enfin le terminal.

Un taxi le conduisit de l'aéroport au centre ville, le Downtown.
À New York les chauffeurs étaient presque tous des immigrés, souvent des clandestins. Il ignorait si c'était la même chose ici, mais l'homme qui le conduisait était un grand blond qui parlait avec un fort accent texan, mâchant les mots comme du chewing-gum.

-Première fois à Vegas pas vrai? demanda-t-il pour lancer la conversation.Si vous z'avez besoin d'un chouette hôtel où crécher j'connais toutes les bonnes z'adresses!

Sans doute touche-t-il une commission pour chaque client, pensa John en observant les buildings aux enseignes colorés à travers la vitre.

-Ça ira, j'ai déjà un logement en ville, répondit-il poliment dans l'espoir de mettre fin à la conversation.
-Ah? Bah laissez tomber, lâcha le chauffeur un peu dépité avant de revenir à la charge. Et l'casino alors?
-Je suis ici pour le travail.

L'autre s'esclaffa.

-Moi aussi, ça m'empêche pas d'jouer! Vous pouvez pas v'nir vivre à Vegas sans met' les pieds dans un casino l'ami, ce s'rait un sacrilège...
-Un sacrilège dans la ville du pêché, ça fait sens, releva l'inspecteur.

Le central de la police de Vegas était bien plus grand que le commissariat de quartier où John travaillait à New York. Il se présenta à l'accueil, où le planton vérifia son identité avant de lui fournir un officier en tenue pour le guider et ouvrir les portes nécessitant un badge d'accès.

Les locaux de la troisième brigade d'enquête se trouvait dans les étages. C'était un open space lumineux, avec des bureaux encombrés de dossiers et d'ordinateurs étonnamment récents. Les inspecteurs présents suivirent John du regard avec curiosité tandis que son guide le menait directement devant une porte vitrée, sur laquelle une plaque dorée indiquait le nom et le grade du maître des lieux: le capitaine R. Hicks.

-Alors c'est vous mon nouvel inspecteur? lança-t-il en lui serrant vigoureusement la main. Bienvenue. On ne vous attendait que demain.
-Oui Capitaine, je suis venu en avance pour me présenter, répondit John.

L'officier était un grand afro-américain au crâne rasé, qui grimaça un sourire.

-C'est bien, c'est bien. Je vous en prie inspecteur Cross, asseyez-vous.

Tout en s'installant, ce dernier balaya le bureau du regard. Ses yeux s'arrêtèrent sur la photo militaire accrochée au mur.

-J'ai lu dans votre dossier que vous aviez fait l'Irak? demanda son nouveau supérieur en remarquant ce qui avait attiré son attention.
-Oui capitaine. 75ème rangers, compagnie Bravo. Et vous?
-101ème aéroportée. J'étais en Iraq pendant la première guerre du golfe; dommage que vous ayez dû retourner finir le job. Si ça avait tenu qu'à nous, croyez moi Saddam y serait passé la première fois.

John se détendit insensiblement. Il n'avait eu de contacts qu'avec le chargé du recrutement et appréhendait un peu sa hiérarchie; certains officiers appréciaient son zèle mais d'autres le voyait comme une menace. Que son nouveau patron soit un ancien militaire comme lui le rassurait même s'il ne le connaissait pas encore vraiment.

-J'ai vu vos états de service, poursuivit l'officier. La police de New York a perdu un bon élément, mais je me félicite de vous avoir sous mes ordres. Soyez ponctuel, faites bien votre travail et vous n'aurez jamais d'ennuis avec moi.
-Merci capitaine.
-Vous n'êtes pas obligé de me répondre, mais qu'est-ce qui vous amène à Vegas Inspecteur? Nous sommes très loin de chez vous.

John eu un demi sourire.

-J'avais besoin de changer d'air, éluda-t-il. Et le salaire est plutôt bon.
-Vous devriez en parler à ma femme, elle qui se plaint toujours que je ne gagne pas assez... Bref, ravi de vous avoir parmi nous Cross, conclut l'officier en se levant. Faites moi savoir si vous avez le moindre problème.

Il sourit à nouveau, mais sa mimique donnait l'impression que cela lui était profondément douloureux.

-Bienvenue à Vegas.

John fit un crochet par l'armurerie pour percevoir sa plaque, son arme et le reste de son équipement avant de reprendre un taxi vers la banlieue.
L'après midi touchait à sa fin mais c'était déjà le soir à New York; aussi avait-il décidé de se rendre d'abord au logement temporaire qu'il avait loué dans un immeuble de la périphérie, en attendant de pouvoir dénicher un appartement à son goût.
Le studio se trouvait à une vingtaine de minutes de route du central, du moins s'il parvenait à éviter les bouchons, et le loyer était nettement plus raisonnable qu'en centre-ville.

Ses cartons avaient déjà été empilées au milieu du salon, mais il ne prit pas la peine de les déballer; ce dont il avait besoin tenait déjà dans la malle militaire posée près du lit. Vêtements de rechange, affaires de toilette... À quoi bon déranger le reste s'il déménageait prochainement?

Il consulta son portable. Trois messages; le livreur confirmait avoir déposé ses affaires chez lui, son ex-capitaine lui souhaitait bonne chance dans sa nouvelle affectation et un de ses anciens équipiers lui demandait des nouvelles. Il se força à répondre au dernier, même s'il savait que leurs contacts s'espaceraient progressivement jusqu'à cesser complètement maintenant qu'ils ne travaillaient plus ensemble.

John consulta sa montre. Il n'était que dix-huit heures. Il décida d'aller faire un tour en ville pour ''sentir'' un peu son nouveau terrain de chasse.

Trois heures plus tard, il franchissait à nouveau la porte du central, entraînant un homme menotté au visage passablement malmené. Le planton l'observa s'approcher, détaillant son costume-cravate et son long manteau noir.

-Vous êtes du FBI? demanda-t-il. Les fédéraux c'est au premier étage.
-Je suis le nouvel inspecteur de la troisième brigade, corrigea John. Ce type a essayé de braquer des touristes devant moi.
-Ah, c'est vous le nouveau? Mais vous avez commencé quand?

L'inspecteur regarda sa montre.

-Demain à neuf heures, lâcha-t-il avec un sourire satisfait.

-----------------------------------------------

John avait eu le temps de saluer plusieurs de ses nouveaux collègues avant le briefing quotidien du capitaine Hicks.
Ce dernier avait commencé par lui souhaiter officiellement la bienvenue à Vegas et par le féliciter pour l'arrestation de la veille. L'officier répartit ensuite les affaires entre les inspecteurs présents. Manifestement les meurtres ne manquaient pas.

-... Enfin Cross, cette semaine vous ferez équipe avec l'inspecteur Cruz. Je compte sur lui pour vous présenter notre belle ville.

John se retourna vers l'homme qui acquiesçait bruyamment. C'était un hispanique bedonnant portant un costume élimé et un trench beige qui avait connu des jours meilleurs. Il ressentit instinctivement de l'antipathie pour cet homme, peut-être à cause de sa posture avachie ou parce qu'il était manifestement plus proche de la retraite que d'une promotion.

-C'est tout pour aujourd'hui; rompez, conclut le capitaine.

Tout le monde se leva et les policiers se dirigèrent vers la sortie de la salle de conférence. John surprit quelques regards tantôt désolés, tantôt moqueurs, qui l’agacèrent fortement.

-Salut, lança une voix derrière lui. Moi c'est Arthur, Arthur Cruz.

Son interlocuteur saisit la main qu'il lui tendait, qui manquait cruellement de fermeté.

-John Cross. Heureux de faire votre connaissance Cruz. Alors, par quoi voulez vous qu'on commence? C'est votre ville.
-Par la machine à café, répondit froidement l'autre. Je suis bon à rien sans ma dose de caféine.

Un peu douché par cette réponse, John lui emboîtait le pas quand il remarqua un tableau blanc au fond de la salle de réunion.

Les noms de tous les inspecteurs de la brigade y étaient inscrits, ainsi que leurs nombres respectifs d'arrestations et de dossiers élucidés. Cruz était tout en bas du classement, et de loin; à peine trois criminels arrêtés, et seulement six affaire bouclées alors que le mois de novembre touchait de sa fin. Manifestement même avec sa dose de caféine, Arthur Cruz n'était pas bon à grand chose.

Vu le nombre d'affaire en cours, c'était sûrement le seul que le capitaine puisse se permettre d'affecter à sa découverte de la ville. La semaine s'annonçait longue.

-Génial, lâcha John entre ses dents avant de rattraper son équipier.

La ''pause café matinale'' de Cruz dura près d'une demi-heure, essentiellement passée à se goinfrer de beignets et à questionner son nouveau collègue, malgré les tentatives de ce dernier de diriger la conversation sur le travail.

-On devrait aller consulter tes dossiers en cours, suggéra finalement John tout en se retenant d'étouffer son nouveau collègue avec ses pâtisseries.
-Nan, sortons plutôt faire un tour en ville, répliqua l'inspecteur. Après tout le capitaine m'a dit de te faire découvrir Vegas, on va pas faire ça derrière un bureau!

John soupçonnait que ce soit surtout une excuse pratique pour ne pas avoir à s'approcher du monticule de dossiers empilé sur son bureau, mais il ne fit pas de commentaire et suivit son équipier au garage du commissariat. Sans surprise Cruz lui laissa le volant de la voiture banalisée.

-Le centre ville est plutôt tranquille, expliqua-t-il. Mais bon c'est friqué alors on bloque pas mal d'effectifs pour y patrouiller au lieu de les mettre où y a vraiment besoin. La Mairie est par là; si on continue sur cette route, on va arriver dans les quartiers commerçants et du côté des casinos. Tiens, prend à droite, on va aller vers Freemont.

Contrairement à ce que craignait le nouvel inspecteur, son collègue semblait bien connaître la ville. Il suivit ses indications.

-T'es à Vegas depuis longtemps? demanda John pour meubler la conversation.
-Vingt ans le mois prochain, répondit Cruz. Et toi, t'as fait combien de temps à New York?
-Dix ans comme flic, mais j'y suis né.
-Un vrai New Yorkais pur souche donc... Qu'est ce que t'es venu foutre à Vegas Cross?

Les mains gantées de John se crispèrent légèrement sur le volant.

-Besoin de changer d'air, éluda-t-il.
-Allez tu peux me le dire, insista Cruz. Y a plein de commissariat à New York donc ça doit pas être une question de promotion ou une bavure. Une fille?

John ne répondit rien, espérant que son silence suffirait à faire comprendre à son coéquipier qu'il ne voulait pas en parler.

-T'inquiètes, tu l'oubliera vite. Vegas est parfaite pour ça! N'empêche ça devait être une vraie sorcière pour que tu la fuit jusqu'ici... Tiens, prend à droite.

L'inspecteur tourna un peu plus violemment que nécessaire, agacé.

La radio était calme à cette heure. Les criminels n'étaient pas encore levés, pour la plupart.
La voiture longeait de beaux immeubles, mais d'un seul coup un vaste terrain vague clôturé apparut sur la gauche. Une ruine imposante dominait sinistrement les alentours, et les panneaux d'interdiction tagués semblaient là depuis un long moment.

-C'est quoi ce truc?
-L'ancien complexe Feynman, répondit Cruz. Il s'est effondré lors de l'inauguration, y a plus d'un an maintenant. Séisme.
-Un séisme bien localisé, remarqua John. Ils n'ont rien reconstruit par dessus? Le terrain doit valoir une fortune.
-Faut croire que cet endroit a laissé un mauvais souvenir aux investisseurs. Tout le monde l'évite dans le coin, et je te conseille de faire pareil. La structure n'est pas stable, qui sait quand ça se cassera la gueule.

Le quartier Freemont semblait plus populaire que le reste de Downtown, et John comprit rapidement pourquoi Cruz l'y avait emmené. Les ruelles mal famées lui rappelaient certains recoins douteux de Brooklyn.

-Dans le coin, y a pas mal d'agression et de trafics illégaux. Tiens, gare toi là, indiqua son guide.

L'inspecteur se dirigea sans hésiter vers une boutique de prêteur sur gage installée dans une petite maison coincée entre deux immeubles. On aurait dit que les énormes tours allaient écraser leur frêle voisin d'un moment à l'autre.

La porte tinta quand les deux policiers entrèrent. L'air était saturé d'encens ou d'une autre aromate qui piquait le nez. La boutique ressemblait presque plus à un antiquaire qu'à un prêteur sur gage; des bijoux brillaient dans les vitrines, des armes anciennes remplaçaient les habituels téléviseurs bon marchés. Un tapis oriental couvrait le centre de la pièce, sans doute une contrefaçon bon marché. Bien sûr une caméra scrutait tous leurs mouvements.

Un asiatique souriant attendait derrière le comptoir, protégé par une vitre pare-balle. Sa gorge portait une horrible cicatrice.

-Salut, lança Cruz. Je te présente mon nouvel équipier, l'inspecteur Cross.

Le vendeur s'inclina légèrement et attrapa un bloc note sur lequel il écrivit ''enchanté''.

-De même, répondit John en essayant de ne pas fixer sa cictrice.
-Tu as ce que je t'avais commandé?

L'asiatique acquiesça de la tête puis disparu derrière un rideau menant à une arrière-boutique.

-C'est un de tes indics? Un receleur? demanda John en profitant de son absence.
-Bah non, répondit Cruz, surpris.
-Alors qu'est-ce qu'on fiche ici?

Le gérant réapparut et fit glisser une bague épaisse par l'ouverture prévu à cet effet.

-Ma copine adore ce genre de bijoux, mais ça coûte un bras, expliqua Cruz. Et Huang fait les meilleurs prix de la ville. Combien? 60 dollars? Je prend!

John serra le poing tandis que la transaction s'effectuait.

-Tu nous a fait venir ici pour ça? lâcha-t-il, glacial.
-Soixante dollars pour une bague en argent massif, s'esclaffa Cruz ça vaut le déplacement. Tiens, regarde moi cette merveille...

Il lui agita sous le nez, et il fallut un réel effort de volonté à John pour ne pas l'envoyer valser à travers le magasin.
L'inspecteur regagna la voiture dans un silence glacial.

-Quoi tu fais la gueule? lança Cruz en s'asseyant lourdement dans le siège passager. C'est jamais arrivé qu'un collègue fasse une course pendant le service à New York?
-Pas chez un receleur, répliqua froidement John. Ce type ne t'a même pas fait de facture, et je parle même pas de la preuve d'achat originale qu'il est censé présenter pour ce genre d'objets.
-C'est sûrement une nana qui lui a revendu pour un peu de cash. Qu'est-ce que j'en sais?

John inspira profondément. Dès ce soir, il irait voir le capitaine pour changer d'équipier; ce gros crétin n'était pas seulement un mauvais flic, mais il avait aussi une éthique franchement douteuse. Pas le genre avec lequel il voulait rester coincé toute une semaine.

-Allez, je t'offre un café, renchérit Cruz, sans doute persuadé de s'attirer ainsi ses bonnes grâces.

Pseudo : Varig
Âge : 26 ans

Comment avez-vous connu le forum : via Morrigan (coucou!)
Votre avis : Le forum est très beau, et il y a une très grande variété de lieux à découvrir! Le contexte a l'air vivant et très évolutif, j'espère m'y faire une petite place ^^
Votre fréquence sur le forum : je dirais 2/7, peut-être plus, ou un peu moins en cas de période chargée IRL
Un ajout : rien à ajouter huhu

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Lun 14 Jan - 14:09
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Bienvenue !

C'était du rapide en fin de compte :foxcute:
En lisant le début de ta fiche, je suis en train de me demander si tu vas nous la faire à rallonge :hum: :choc:

Dans tous les cas, bon courage et si jamais tu as besoin, tu sais où frapper et pas sur qui




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Lun 14 Jan - 17:14
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Bienvenue inspecteur de police :D !

Hâte de lire la suite de ta fiche !


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John Cross
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Lun 14 Jan - 21:06
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Merci de votre accueil! Huhu désolé Morrigan y a des chances que ce soit long comme fiche :P
Dis moi Elizabeth je suis curieux, ton avatar change aléatoirement, comment tu fais ça?
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Lun 14 Jan - 23:04
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Bienvenue dans le Nevada John ♥️

Un Chasseur et un Flic, tout ce dont nous avions besoin ! -meurs-

Bon courage pour le reste de la fiche et n'hésite pas si tu as des questions :yipi:


Break me down and build me up. I wanna be the slip, Word upon your lip, Letter that you rip. Whatever it takes 'Cause I love the adrenaline in my veins. I do whatever it takes 'Cause I love how it feels when I break the chains ~
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✘ Métier: Sans emploi
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✘ Inventaire/Pouvoirs:
Femora Nils
Fantôme Smoothdawn • Modératrice
Messages : 340
Points RP : 91
Points ☆ : 1,5
Age : 26
Nationalité : Norvégienne
Situation : célibataire
Aujourd'hui à 14:19
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Bienvenue par ici ! En tant qu'inspecteur de police et chasseur, tu ne vas pas manquer de boulot :Femy: Bon courage pour la suite :foxcute:


Bouh !
         
 

LMG0
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